Quand j'ai perdu ma fille, j'ai lu tous les auteurs qui avaient perdu leur fille. Ça m'aidait de savoir qu'on avait vécu la même chose et que les gens pouvaient en parler.
Je songe à ma pile de livres de poche aux pages tremblotantes, comme si elles avaient autrefois fait partie de la mer.
Mais on sait, la mode vieillit mal et les snobs ont souvent été les gardiens fanatiques de bons goûts qui n'avaient aucun avenir.
J'ai connu bien des filles de joie qui avaient pour père un homme de peine.
Cela lui permettait de ne pas oublier qui il était vraiment. Egoïste et narcissique, il avait toujours agi selon son bon plaisir. Peu importait s'il blessait des gens autour de lui ou si ses actes avaient des conséquences dans le futur.
Si les jeunes avaient accepté lâchement la sagesse de leurs anciens, il y a beau temps que l'univers serait invivable.
Nos vies avaient la résistance de la pierre et nos pierres l'éternité de la vie.
Combien de choses apparemment impossibles ont pourtant été accomplies par des hommes résolus qui n'avaient d'autre alternative que la mort.
Il y eut un violent combat. On les attaqua dans l'eau, qui gênait leurs mouvements et l'on en tua un grand nombre ; les autres, pleins d'audace, essayaient de passer par-dessus les cadavres. Une grêle de traits les repoussa ; ceux qui avaient déjà passé, la cavalerie les enveloppa et ils furent massacrés.
Autrefois, quand les gens inventaient une nouvelle fonction, ils avaient quelque chose d'utile à l'esprit.
Qu'on ne prétende jamais, auprès d'un aîné, que c'est "pour lui" (ou elle) que les parents en mettent un autre au monde. Combien d'enfants sont ainsi sauvagement rendus responsables d'un indésirable frère ou soeur qu'ils avaient soi-disant réclamé, alors qu'ils avaient besoin d'un camarade de jeu de leur âge.
On aurait pu s'attendre à ce que ce salon fût meublé à l'antique. Pas du tout. Quelques années plus tôt, saisis d'une frénésie mobilière, les Fauquembert en avaient fait une manière de salon d'honneur d'aéroport : rideaux façon cuir, fauteuils [...] ► Lire la suite
Si les singes avaient le talent des perroquets, on pourrait en faire des ministres.
Mon dévouement à mon travail est parti d'une défaite personnelle : les parents de ma première copine m'ont rejeté parce que je n'étais pas riche. J'ai décidé de leur montrer quelle grosse erreur ils avaient commise.
Comme un aveugle qui marmonne,Sur un violon de CrémoneIl jouait, demandant l'aumône.Tous avaient d'enivrants frissonsA l'écouter. Car dans ces sonsVivaient la morte et ses chansons.
Si d'autres n'avaient pas été fous, nous devrions l'être.
Peu après notre mariage, je compris que si ses yeux avaient cette merveilleuse sérénité propre aux simples d'esprit, c'est en réalité parce qu'elle en était une.
Le compositeur de musique est devenu, par suite de la difficulté des temps, un être singulièrement compliqué, une sorte de diplomate au petit pied ; il dissimule sans cesse, il feint de feindre, comme s'il jouait les Fausses Confidences de [...] ► Lire la suite
Ma mère et mon père ont toujours été très pudiques. A l'époque, ils avaient les défauts de notre métier. Ils pensaient surtout à leur boulot. De plus ma mère a écrit dans ses mémoires que je n'étais pas un enfant désiré. Je suis un garçon du hasard.
Ce n'est pas la peine de parler, disaient ceux qui avaient été dans les camps. La parole ne permettra pas de mieux comprendre.
Ma mère et ma grand-mère avaient une belle peau.
Tous les gens de gauche que j'ai vu dans ma vie ne m'ont pas fait rêver, ils avaient les mêmes réflexes avec les barmans, ils étaient aussi abjects dans leur quotidien que la droite.
Je pense qu'ils avaient peur de moi parce que j'étais différente.
Le politique du couple, c'était moi, les enfants l'avaient compris.
Cabu, Wolinski, nous ne les avions pas vus vieillir, car nous ne nous étions pas vus vieillir. Ils avaient l'âge de notre jeunesse.
Quand les Guns N' Roses sont devenus aussi célèbres, je suis sûr que le gouvernement Bush a réalisé une enquête approfondie à leur sujet et s'est rendu compte qu'ils n'avaient pas suffisamment de cervelle pour représenter une quelconque menace.
Tout passe, hélas, et change de saveur. Mes premières ivresses gustatives m'avaient rendu gourmand et débonnaire, enclin à la mansuétude. Elles se changèrent bientôt en aigreurs d'estomac. Vivre d'un travail alimentaire voué à l'alimentation a sans doute quelque chose d'intrinsèquement pervers - j'eus bientôt du mal à avaler.
La vie et l'art avaient un beau parallèle, dans le sens de se rencontrer en tant qu'étrangers séparés en prison qui ont besoin de travailler ensemble, d'apprendre à se connaître.
Il y a des méchants qui seraient moins dangereux s'ils n'avaient aucune bonté.
Les femmes sud-africaines, noires ou pas, ont apporté à la lutte contre l'apartheid une lucidité et un courage que beaucoup d'hommes n'avaient pas.
Dans l'histoire, les « droits » n'ont été que trop souvent ce que les maîtres de l'idéologie dominante avaient décidé de définir ainsi. Associé à l'expansion des marchés, le discours des droits de l'homme constitue l'armature idéologique de la globalisation. Il est avant tout un instrument de domination, et doit être regardé comme tel.
Ceux qui balayaient la cour le dimanche étaient en général les pensionnaires qui n'avaient pas récité convenablement le dernier discours du président.
J'ai toujours aimé les autodidactes, comme mon ami Clint Eastwood, ou Gary Cooper, Lino Ventura, Robert Mitchum... Ce sont des gens qui n'étaient pas dans le cinéma mais ils avaient un réel désir et ils y sont arrivés.
En moins d'un millénaire, Brahm, Yahvé, Zeus et Jupiter s'imposent aux croyants comme les pères de l'humanité et confinent les mères dans le statut de mineures. Comme si les hommes avaient inventé Dieu pour mieux asseoir le pouvoir paternel.
C'est un des traits fondamentaux des sociétés occidentales que les rapports de force qui pendant longtemps avaient trouvé dans la guerre, dans toutes les formes de guerre, leur expression principale, se sont petit à petit investis dans l'ordre du pouvoir politique.
Si les hommes n'avaient pas la manie d'épouser des femmes beaucoup plus jeunes qu'eux, il y aurait moins de veuves.
Si d'autres n'avaient pas été stupides, nous l'aurions été à leur place.
Perry et Dick ont été pendus mardi dernier. J'étais là parce qu'ils me l'avaient demandé. Ce fut une épreuve atroce. Dont je ne me remettrai jamais complètement. Je vous en parlerai un jour, si vous pouvez le supporter.
Le vaisseau A était une masse solide, compacte, une arme. Et son design était prodigieusement phallique, comme tant d'armes de l'humanité par le passé, ainsi que l'avaient remarqué avec ironie moult observateurs.
Camille et Sébastien avaient leurs moments privilégiés pour se parler des choses graves ; En voiture, souvent, le parallélisme et le sens de la route favorisaient les déclarations délicates, les projets esquissés.
Certains des livres les plus célèbres sont ceux qui valent le moins la peine d'être lus. Leur renommée était due au fait qu'ils avaient fait quelque chose qui devait être fait à leur époque. Le travail est fait et la vertu du livre a expiré.
Ils avaient fini par croire que la race des meuniers était éteinte.
Je crois qu'on entend encore dans les entrées d'immeubles l'écho des pas de ceux qui avaient l'habitude de les traverser et qui, depuis, ont disparu. Quelque chose continue de vibrer après leur passage, des ondes de plus en plus faibles, mais que l'on capte si l'on est attentif.
Quand les choses ont commencé à être difficiles, beaucoup ont changé de cap. Moi, je ne le ferai pas. Moi, je dois prendre des décisions qui n'avaient pas été prises depuis des décennies.
En ce temps-là, les Suisses avaient des lois très particulières : elles ne permettaient notamment pas aux médecins et apothicaires d'empoisonner leurs clients, ce qui rendait la profession fort difficile.
Les choses ont toujours tourné autrement que "techniciens" et compétences ne l'avaient prévu. de sorte que je ne crois plus ni aux experts, ni aux techniciens, ni aux compétences et que je les considère en bloc comme une collection de hâbleurs et de flibustiers.
Les Russes étaient patients. Ils avaient un dicton : « Ce sont toujours les cinq cents premières années les plus difficiles. »
Mon grand-père l'avait repérée, ils avaient dansé, et tout le monde avait pu constater une harmonie entre leurs genoux. Ensemble, ils étaient comme une rhapsodie des rotules. Leur évidence se transforma en mariage.
J'ai eu un tel choc au Festival de Cannes. J'ai vu pleins d'actrices et elles avaient toutes l'air tellement belles, sexy et en pleine forme, je me suis juste sentie comme un vieux sac à côté d'elles. Je me suis alors dit : "Peut-être qu'il est temps de songer à faire un lifting.
Ce serait très triste si les enfants n'avaient pas de souvenirs avant ceux de l'école. Ce dont ils ont le plus besoin, c'est de l'amour et de l'attention de leur mère.