Emmenez-moi loin de l'intelligence qui complique tout.
La beauté de ton film ne sera pas dans les images, mais dans l'ineffable qu'elles dégageront.
La force éjaculatrice de l'oeil.
Pas d'épousailles du théâtre et du cinématographe sans extermination des deux.
Les idées tirées de lectures seront toujours des idées de livres. Aller aux personnes et aux objets directement.
Tournage. Tu ne sauras que beaucoup plus tard si ton film vaut la chaîne de montagne d'efforts qu'il te coûte.
L'avenir du cinématographe est à une race neuve de jeunes solitaires qui tourneront en y mettant leur dernier sou et sans se laisser avoir par les routines matérielles du métier.
Silence musical, par un effet de résonance. La dernière syllabe du dernier mot, ou le dernier bruit, comme une note tenue.
Barbarie naïve du doublage. Voix sans réalité, non conformes au mouvement des lèvres. À contre-rythme des poumons et du coeur. Qui "se sont trompées de bouche".
Donner aux objets l'air d'avoir envie d'être là.
C'est dans sa forme pure qu'un art frappe fort.
Pratiquer le précepte de trouver sans chercher.
Tournage. Se mettre dans un état d'ignorance et de curiosité intenses, et quand même voir les choses avant.
De qui ? : "Un seul regard déclenche une passion, un assassinat, une guerre".
Ne pas montrer tous les côtés des choses. Marge d'indéfini.
Cinéma, radio, télévision, magazine sont une école d'inattention : on regarde sans voir, on écoute sans entendre.
Ton film aura la beauté, ou la tristesse, ou etc. que l'on trouve à une ville, à une campagne, à une maison, et non la beauté, ou la tristesse, ou etc., que l'on trouve à la photographie d'une ville, d'une campagne, d'une maison.
Plus grande est la réussite, plus elle frise le ratage (comme un chef-d'oeuvre de peinture frise le chromo).
Pour un acteur, la caméra est l'oeil du public.
Pour Bresson, l'art est le seul recours contre l'amertume de l'impuissance.
Deux sortes de films : ceux qui emploient les moyens du théâtre (acteurs, mise en scène, etc.) et se servent de la caméra afin de "reproduire" ; ceux qui emploient les moyens du cinématographe et se servent de la caméra afin de "créer".
Un ensemble d'images bonnes peut être détestable.
Ce qu'un oeil humain n'est capable d'attraper, aucun crayon, pinceau, plume de fixer, ta caméra l'attrape sans savoir ce que c'est et le fixe avec l'indifférence scrupuleuse d'une machine.
J'ai eu la volonté de le croire.
Passionné pour la justesse.
Ton public n'est ni le public des livres, ni celui des spectacles, ni celui des expositions, ni celui des concerts. Tu n'as à satisfaire ni le goût littéraire, ni le théâtral, ni le pictural, ni le musical.
Il ne s'agit pas de jouer "simple", ou de jouer "intérieur", mais de ne pas jouer du tout.
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