Quand quelqu'un se rend compte que sa vie ne vaut rien, soit il se suicide, soit il voyage.
J'aime la vérité. Je crois que l'humanité en a besoin ; mais elle a bien plus grand besoin encore du mensonge qui la flatte, la console, lui donne des espérances infinies. Sans le mensonge, elle périrait de désespoir et d'ennui.
Dans le possible, le croyant détient l'éternel et sûr antidote du désespoir ; car Dieu peut tout à tout instant. C'est là la santé de la foi, qui résout les contradictions.
Le pétrole me paraît très nettement être l'odeur la plus parfaite du désespoir humain, si le désespoir humain a une odeur.
La vie de chacun d'entre nous n'est pas une tentative d'aimer, elle est l'unique essai.
Il y a une étrange satisfaction à toucher le fond du désespoir ; l'excès du malheur procure une espèce de sécurité, havre de grâce pour l'âme naufragée qui n'ose plus croire.
L'amour offre à l'autre la quiétude, et bâtit un paradis dans le désespoir de l'enfer.
Mais, justement, c'est parce que le désespoir est un terreau fertile qu'il faut être plus vigilant que jamais et se conformer avec une implacable vigueur à une exigence de vérité.
J'appelle innocence cette maladie de l'individualisme qui consiste à vouloir échapper aux conséquences de ses actes, cette tentative de jouir des bénéfices de la liberté sans souffrir d'aucun de ses inconvénients.
J'ai été hospitalisé au mois de juillet dernier après une tentative de suicide. On aurait pu entendre aux infos "Faudel est mort".