On peut intéresser les gens à l'histoire en la dépoussiérant...
La littérature est une machine à fabriquer des souvenirs et de la mort, une manufacture de testaments. Aucun roman n'a jamais fait de projet d'avenir.
Y a-t-il une histoire impartiale ? Comment un historien juge-t-il qu'un fait est notable ou non ? Il en juge arbitrairement.
On ne chérit jamais autant sa chance que lorsqu'on écoute le récit des malheurs d'autrui.
Un roman n'est jamais que l'histoire toujours réinventée d'une revanche sur la vraie vie.
Une collection, c'est un peu un roman achevé. Une collection, c'est une écriture.
Notre jugement sur un événement historique dépend de notre date de naissance.
Chaque roman est un déicide secret, un assassinat symbolique de la réalité.
Excepté pour la passion du héros, un roman doit être un miroir.
Tel l'archéologue, le psychanalyste creuse dans l'âme du patient pour y révéler toutes les strates de sa vie passée: psychanalyse et archéologie sont bien les deux faces d'une même discipline. (p.32)