Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier.
Il importe peu aux morts d'obtenir de somptueuses funérailles ; ce n'est qu'une vaine pompe qui flatte l'orgueil des vivants.
L'Histoire politique est souvent, hélas, le cimetière des différentes âneries humaines.
Le jour où la fiancée marche vers l'autel est le jour où commence pour elle le deuil d'un sombre et malheureux avenir.
Un livre est un grand cimetière où, sur la plupart des tombes, on ne peut plus lire les noms effacés.
La seconde moitié de notre vie n'est employée qu'à porter le deuil de la première moitié.
Une gondole, c'est un cercueil avec une rame.
La gloire est le deuil éclatant du bonheur.
Une nation, c'est la possession en commun d'un antique cimetière et la volonté de faire valoir cet héritage indivis.
Une chambre ! Quelle soit vêtue de deuil et de misère, ou capitonnée de soie et d'or, n'est-ce pas toujours le sanctuaire secret où se déroule le plus intime des vies ?
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