Les rumeurs sur la guerre bruissaient dans le moindre recoin. On aurait cru que les gens étaient dans une cage dont ils essayaient d'écarter les barreaux. Le fleuve coulait, prêt à accueillir encore de nombreuses personnes sachant nager ou ramer, mais les gens couraient dans tous les sens.
Vivre privé de livres équivaut à une mutilation.
Tant que la fenêtre est ouverte et que je reste éveillée, je ne crains pas la solitude. Dommage que les morts n'aient pas droit à la parole. Je suis certaine qu'ils auraient beaucoup à dire.
Chaque être qui a été sauvé pendant la guerre l'a été grâce à un homme qui, à l'heure d'un grand danger lui a tendu la main. Nous n'avons pas vu Dieu dans les camps mais nous y avons vu des justes.
Attendons nos mamans jusqu'au soir et puis nous verrons bien.
On les haïssait au village, et c'est pour cela qu'il a été possible de les assassiner. On disait dans nos campagnes: "Si les Allemands, qui sont tellement cultivés, ordonnent de les tuer, on peut leur faire confiance".
Il y a peu encore, il pensait que les collabos s'étaient eux-mêmes retranchés de la communauté des hommes. Ils avaient un visage différent. Ils seraient exécutés le jour de la libération. Et maintenant, à sa grande stupeur, ils lui apparaissaient comme des hommes.
Tu as raison, plus on a des biens, plus on a d'ennuis, c'est ainsi qu'on disait à une époque, non? Nous sommes un peu esclaves de ces biens que nous avons emportés.
La littérature contient toutes les composantes de la foi: le sérieux, l'intériorité, la musique, et le contact avec les contenus enfouis de l'âme.
Le professeur Braverman était très apprécié: il aimait la musique et les enfants. Quand quelqu'un n'avait pas une bonne oreille, il lui disait: "Ta vue est certainement meilleure que la nôtre. La nature distribue les capacités. Elle est parfois plus généreuse que les hommes. "
De nature, je ne suis pas enclin à exiger quoi que ce soit des gens. Je les prends comme ils sont. Parfois la faiblesse ne m'émeut pas moins qu'un acte de générosité.
C'était le milieu de l'automne.Dans les jardins publics, les avenues et les jardins, les feuilles se détachaient des arbres dans des couleurs flamboyantes. Nous passions des heures dehors, à contempler cette beauté qui ne reviendrait pas.
Celui qui n'agit que pour lui-même est un insecte, pas un homme.
Le parfum enivrant de Badenheim justifiait encore une fois sa réputation.
On peut assassiner les corps mais pas l'âme, voilà ce que nous avons appris dans les camps.
Désormais, les prisonniers libérés se définiraient en fonction du camp où ils avaient été, et plus de leur ville natale.
La faim nous ramène à l'instinct, à la parole d'avant la parole. Celui qui vous a tendu un morceau de pain ou un peu d'eau alors que vous étiez effondré, terrassé par la faiblesse, la main qu'il a tendue, vous ne l'oublierez jamais.
Il est dur de parler de la peur et de la faim. Ce sont des choses que l'on ressent très fort, mais que l'on ne peut pas décrire.
Les érudits, comme les démons, grouillent en tous lieux.
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