- Le lion ne s'associe pas avec le cafard.
- Quoi ?
- Le lion... ne S'ASSOCIE pas... avec le CAFARD.
- Ah ouais, parce que j'avais compris « le nion n'a jamais eu de placard » !
La réplique originale d'Amonbofis est : « Le lion ne s'associe pas avec le cafard. » Prise au sens littéral, elle utilise une image animale pour exprimer une idée de séparation et de supériorité. Le lion est traditionnellement le roi des animaux, symbole de force, de noblesse et de prestige. Le cafard (ou blatte), en revanche, est un insecte souvent associé à la saleté, la petitesse, l'insignifiance, voire le parasitisme. La phrase signifie donc qu'une entité jugée noble ou puissante (le lion) ne se mêle pas ou ne s'associe pas avec une entité considérée comme inférieure ou méprisable (le cafard).
La confusion immédiate de Numérobis avec le « nion n'a jamais eu de placard » ajoute une dimension comique en mettant en évidence son manque de concentration ou d'acuité auditive, et en transformant une insulte sérieuse en une absurdité burlesque.
Symboliquement, cette réplique incarne la dynamique d'une rivalité sociale ou professionnelle. Le lion représente l'élite, le succès établi, l'autorité reconnue (dans ce cas, l'architecte officiel et "classique", Amonbofis), tandis que le cafard symbolise le parvenu, le moins expérimenté, ou l'individu jugé inférieur ou incompétent (l'architecte Numérobis, choisi par surprise par Cléopâtre).
Le sens profond est une manifestation d'orgueil, de mépris et de jalousie de la part d'Amonbofis, qui refuse d'accepter l'association ou la collaboration avec Numérobis, qu'il voit comme un intrus sans valeur dans le cercle des grands bâtisseurs égyptiens. C'est l'expression d'un désir de marginaliser l'autre pour réaffirmer sa propre supériorité.
Cette réplique, grâce à l'immense popularité du film, est devenue une phrase culte et est souvent utilisée dans la vie courante avec deux intentions principales :
Si la morale initiale de la phrase d'Amonbofis est l'affirmation d'une supériorité qui conduit au rejet, l'idée retenue par le public est plutôt l'inverse. Le véritable message qui passe est l'importance de la communication et le pouvoir du détachement comique face à l'arrogance.
La réplique n'est pas une citation tirée des bandes dessinées originales d'Astérix. Elle est une création originale du film Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002), écrit et réalisé par Alain Chabat. Elle s'inscrit parfaitement dans le style d'humour du film, qui mêle références culturelles contemporaines et dialogues absurdes.
La scène se déroule après que la Reine Cléopâtre ait confié la construction du palais de César à Numérobis, un architecte non conventionnel, plutôt qu'à l'architecte officiel, Amonbofis. Humilié et jaloux, Amonbofis tente par tous les moyens de saboter le travail de son rival. C'est lors d'une de leurs altercations qu'Amonbofis lance cette insulte, cherchant à marquer sa supériorité et à dissuader Numérobis de s'associer à lui pour le projet.
Le film entier est construit sur la confrontation de l'ancien et du nouveau, de la tradition et de la modernité. Amonbofis représente l'ancienne garde, l'architecture classique égyptienne (le « lion » traditionnel), tandis que Numérobis incarne la créativité, l'innovation, et un certain chaos (le « cafard » décalé). La réplique et sa chute comique illustrent le thème central du film : la dérision de l'autorité et des conventions par l'humour absurde. L'insulte sérieuse de l'élite est ridiculisée par la confusion du parvenu.
L'impact de cette réplique est principalement hilarant. Elle est l'un des sommets comiques du film, provoquant un rire immédiat grâce au contraste entre la gravité de l'insulte lancée par Amonbofis et la réponse complètement saugrenue de Numérobis. Culturellement, la séquence est devenue un mème verbal, citée et parodiée, symbolisant un échange où une insulte recherchée échoue lamentablement à cause d'une mauvaise audition ou d'une interprétation absurde, prouvant le génie comique du duo Chabat/Debbouze. Elle a consolidé le statut de ce film comme une œuvre majeure de la comédie française moderne.