Tu sais ce que j'ai remarqué ? Personne ne panique quand tout se déroule selon le plan. Et ceci même si le plan est affreux. Si demain soir je dis à la presse qu'un brigand va se faire descendre ou qu'un fourgon chargé de soldat va exploser, alors personne ne panique, parce que tout ça, ça fait parti du plan. Mais si je dis qu'un malheureux petit maire va mourir, alors là tout le monde s'affole. On entrouvre la porte à l'anarchie, on bouscule l'ordre établi, et très vite le chaos le plus total règne. Et moi j'annonce le chaos et tu sais ce qu'il a pour lui le chaos ? Il est impartial.
Cette réplique, prononcée par le Joker à l'intention d'Harvey Dent dans The Dark Knight : Le Chevalier noir, exprime l'idée que les gens acceptent la violence et la mort tant qu'elles s'inscrivent dans un cadre prévisible et attendu. Les événements horribles, comme la mort d'un criminel ou l'explosion d'un véhicule militaire, sont intégrés comme faisant « partie du plan », même s'il est affreux. Cependant, l'assassinat d'une figure innocente et ordinaire, comme un « malheureux petit maire », provoque une panique immédiate car cela brise l'« ordre établi » et ouvre la porte à l'imprévisible, au chaos. Le Joker se positionne alors comme l'annonciateur de ce chaos, qu'il qualifie d'« impartial ».
Bien que rarement citée mot pour mot, l'idée principale est souvent utilisée pour commenter des situations où :
L'idée centrale à retenir est que l'homme redoute l'absence de sens et de contrôle plus que la souffrance elle-même. Le maintien d'un « ordre » est essentiel à la stabilité psychologique et sociale, et le chaos, par sa nature même, est la menace ultime contre cette stabilité.
Cette réplique culte est tirée du film The Dark Knight : Le Chevalier noir (2008), réalisé par Christopher Nolan. Elle a été écrite par Jonathan et Christopher Nolan.
La scène se déroule à l'hôpital, après que le Joker a été capturé puis s'est échappé, et après avoir fait exploser une partie de la ville. Il rend visite à Harvey Dent, défiguré physiquement et moralement (il deviendra Double-Face), pour le manipuler et le pousser à renoncer à son sens de l'ordre et de la justice, afin de prouver que « tout le monde peut tomber » dans le chaos. Le Joker enlève son masque de l'ordre social pour lui révéler la fragilité de la civilisation.
Cette réplique est l'essence même de la philosophie du Joker, incarné par Heath Ledger. Le Joker n'est pas motivé par l'argent ou le pouvoir ; il est l'agent du chaos et de l'anarchie. Il cherche à démanteler les conventions sociales et la morale pour révéler ce qu'il perçoit comme la véritable nature de l'homme : la folie et l'instinct. Il est le seul, selon lui, à embrasser l'impartialité destructrice du chaos.
The Dark Knight explore la ligne fine entre l'ordre et l'anarchie, et la question de savoir jusqu'où la société est prête à aller pour préserver l'ordre. Le film confronte trois idéaux :
La réplique est le cœur de ce conflit : elle met en évidence la fragilité de la morale face à une menace imprévisible.
L'impact de cette réplique est immense :
Le jeu d'acteur d'Heath Ledger (qui lui a valu un Oscar posthume) a solidifié l'impact émotionnel de ce monologue glaçant.