- Tu veux du bacon ?
- Non, merci. C'est du porc.
- Pourquoi, t'es juif ?
- Nan, j'ai horreur du cochon. Ca craint c'est tout.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est dégueulasse un porc. J'mange pas ce genre d'animal.
- Mais l'bacon c'est délicieux ! Un bon jambon c'est délicieux !
- Mouais, les rats ont p'tet le goût de crème caramel mais comme j'ai pas l'intention d'en manger j'pourrais jamais le savoir. Et puis les cochons il se roulent sans arrêt dans leur merde, même qu'ils la bouffent. C'est dégueulasse. Faut être con pour manger ses excréments.
- Hé ben et les chiens ? Les chiens ils les mangent eux.
- J'mange pas de chien non plus.
- Tu penses que le chien est un animal aussi sale que le porc ?
- J'dirais pas que c'est un animal aussi sale que le porc mais il n'empêche qu'il est dégueulasse. Seulement, le chien a de la personnalité. La personnalité ça change tout.
- Si j'comprend bien dans ta logique un porc qui aurait de la personnalité ne serait plus aussi dégueulasse qu'avant, c'est ça le truc ?
- Ouais, mais pour ça il faudrait qu'il ai un charme fou ton porc. Il faudrait qu'il possède dix fois plus de charme que le cochon de Walt Disney tu vois ce que j'veux dire.
[Rires]
Cette conversation est un échange simple et direct entre Vincent Vega et Jules Winnfield, deux tueurs à gages, au sujet de la nourriture. L'échange commence par une offre de bacon de la part de Vincent et se développe en une discussion animée sur les raisons pour lesquelles Jules refuse de manger du porc. L'argument principal de Jules est que le porc est un "animal sale" qui "se roule sans arrêt dans leur merde, même qu'ils la bouffent", le rendant "dégueulasse". Vincent tente de confronter cette logique avec l'exemple des chiens qui mangent leurs excréments, ce qui amène Jules à introduire la notion de "personnalité" comme facteur de rédemption pour un animal "sale" mais non "dégueulasse". L'échange se termine sur une note humoristique et absurde concernant l'hypothèse d'un porc qui aurait un "charme fou".
Au-delà de l'anecdote sur le porc, cette discussion symbolise la tentative de Jules de trouver un sens ou une rationalisation à ses choix et à son mode de vie. Son refus du porc, initialement présenté comme un simple dégoût, se transforme en une petite construction philosophique sur la pureté, la personnalité et la justification morale. Cela préfigure sa quête spirituelle ultérieure dans le film. Pour Vincent, c'est un simple sujet de conversation sans grande conséquence, illustrant son pragmatisme et son manque d'intérêt pour les interrogations existentielles de Jules.
La réplique est souvent citée pour :
L'idée principale à retenir est que les justifications que l'on donne à nos choix, même les plus simples, sont souvent arbitraires et façonnées par notre perception personnelle du monde. Dans le cas de Jules, il crée une mini-théorie éthique pour justifier un dégoût instinctif. Le film nous invite à rire de cette tentative de donner un sens profond à ce qui n'est au fond qu'une question de goût personnel.
La réplique est extraite du scénario du film culte Pulp Fiction (1994), écrit et réalisé par Quentin Tarantino. Elle est prononcée par les personnages de Vincent Vega (interprété par John Travolta) et Jules Winnfield (interprété par Samuel L. Jackson).
Le dialogue a lieu au début du film, alors que Vincent et Jules sont dans leur voiture, se rendant à un appartement pour récupérer une mallette pour leur patron, Marsellus Wallace, et exécuter un groupe de jeunes gens. Cette conversation non pertinente et décalée contraste fortement avec la violence imminente de leur mission. Elle s'inscrit dans la lignée des dialogues "tarantinesques" qui abordent des sujets banals avec une profondeur inattendue, juste avant ou après un événement violent.
Ce dialogue illustre parfaitement le thème de l'ordinaire dans l'extraordinaire, cher à Tarantino. Le film présente le quotidien de criminels professionnels qui discutent de sujets triviaux (comme les hamburgers en Europe ou, ici, le porc) avec la même importance que s'ils planifiaient un meurtre. Cela humanise les personnages et crée un contraste saisissant avec les pics de violence qui ponctuent l'histoire. C'est l'essence même du style de Pulp Fiction : des dialogues brillants et sans but apparents qui révèlent pourtant la personnalité des protagonistes.
L'impact est principalement culturel. Cette scène est l'une des plus célèbres pour son humour noir et sa capacité à transformer un sujet banal en une joute verbale mémorable. Elle contribue à ériger Jules Winnfield en une figure iconique, un tueur à gages éloquent et inattendu. Le passage sur le chien et la "personnalité" est devenu culte pour sa chute humoristique, résumant l'esprit décalé et intellectuel du film.
Voulez-vous que je développe l'une de ces sections en particulier ou que j'ajoute d'autres citations célèbres de Pulp Fiction à analyser sur votre site ?