- C'est très important « la disponibilité ». Les gens qui me voient depuis toujours et qui sont de mon côté, Ils se sentent en sécurité parce qu'ils savent que je suis là, alors ils m'aiment davantage. Par-contre les gens qui sont de l'autre côté, ils sont partagés. Mais ils savent que je ne suis pas loin, alors ils sont beaucoup plus peur de moi.
- Il vaut mieux être craint ou être aimé ?
- [sourire] Bonne question, les deux c'est bien mieux, mais c'est très difficile. Moi si j'avais le choix, je préférerai que l'on me craigne. La peur c'est plus solide que l'amour. Une amitié peu toujours se vendre ou s'acheter. Tu le vois bien si je fais une blague tout le monde se marre sans hésiter. J'suis amusant, mais pas à ce point.
- [petit rire]
- Ils rigolent parce qu'ils ont peur de moi. Mais il ne faut pas te faire détester, c'est pour ça que je les traitre bien, mais pas trop bien. Si je leur donnais trop ils n'auraient plus besoin de moi. Je leur donne ce qu'il faut pour qu'ils aient besoin de moi et qu'ils ne me détestent pas ! N'oublie jamais cette leçon !
La réplique est un dialogue entre Sonny LoSpecchio, un chef de la mafia charismatique, et le jeune Calogero 'C' Anello. Sonny y expose une philosophie de la vie basée sur le pouvoir et le contrôle des relations humaines. Il explique que sa "disponibilité" crée une sécurité pour ses alliés (qui l'aiment) et une peur pour ses rivaux (qui le craignent). L'idée centrale est qu'il vaut mieux être craint qu'aimé, car "la peur c'est plus solide que l'amour", ce dernier pouvant être acheté ou trahi. Il souligne que ses hommes rient à ses blagues non par amusement réel, mais par crainte de son autorité. Enfin, il donne une leçon de gestion du pouvoir : traiter les gens suffisamment bien pour qu'ils aient besoin de lui et ne le détestent pas, mais pas trop bien au risque qu'ils deviennent indépendants.
Ce passage est une allégorie sur les mécanismes du pouvoir, de l'autorité et de la dépendance. Il symbolise le dilemme classique entre le leader aimé et le leader craint. La peur est présentée comme le fondement le plus fiable du pouvoir, car elle est moins volatile que les sentiments. Le dialogue est une leçon de Machiavélisme appliquée à la vie de rue et au crime organisé. Il explore la nature humaine en montrant que l'intérêt personnel et la survie peuvent primer sur l'affection, et que la manipulation des besoins ("Je leur donne ce qu'il faut pour qu'ils aient besoin de moi") est un outil de contrôle suprême.
La question "Il vaut mieux être craint ou être aimé ?" est une référence directe à la philosophie politique, notamment dans l'œuvre de Nicolas Machiavel, Le Prince. Dans la vie quotidienne, cette réplique peut être citée pour :
L'idée principale à retenir est que le maintien du pouvoir passe par un contrôle émotionnel et matériel strict sur les autres. Plus précisément, la leçon de Sonny est : "Pour régner durablement, il faut s'assurer que les gens aient besoin de vous et vous craignent juste assez pour vous respecter, sans jamais aller jusqu'à vous détester". C'est une morale de la survie dans un environnement dangereux, privilégiant l'utilité et la peur à la sincérité des sentiments.
La réplique provient du film "Il était une fois le Bronx" (titre original : A Bronx Tale), sorti en 1993, réalisé par Robert De Niro. Le scénario est adapté de la pièce de théâtre autobiographique de Chazz Palminteri. Ce passage est un moment clé de l'éducation du jeune Calogero par le personnage de Sonny LoSpecchio, le chef de la mafia locale. Il est l'une des citations les plus célèbres du film.
La scène se déroule après que Calogero, jeune adolescent, ait été pris sous l'aile de Sonny, contre l'avis de son père, Lorenzo. Calogero passe de plus en plus de temps avec Sonny et son entourage. Ce dialogue est une leçon de vie essentielle que Sonny transmet à Calogero pour lui expliquer les "règles de la rue" et les mécanismes pour survivre et prospérer dans leur milieu. Il intervient souvent à un moment d'intimité et d'enseignement entre les deux figures.
Le thème principal du film est le choix entre deux destins : celui de l'honnête travailleur (le père de Calogero, Lorenzo) et celui du caïd charismatique (Sonny). Cette réplique est l'expression la plus pure et la plus frappante de la philosophie du second. Elle résume le message séduisant, mais dangereux, que Sonny offre à Calogero. Elle est indissociable du thème de la construction de l'identité dans le Bronx des années 60, tiraillée entre la droiture morale et la fascination pour l'argent facile et le respect forcé.
La réplique a un impact émotionnel fort en raison de sa sincérité brutale et de la justesse de son analyse sur la nature humaine. Elle est souvent citée comme l'une des grandes leçons de cinéma sur le pouvoir. Culturellement, elle a contribué à faire d'Il était une fois le Bronx un classique du film de gangsters et une œuvre de référence sur la transmission de la sagesse (qu'elle soit morale ou amorale) entre un mentor et son protégé. Elle rend hommage, de manière détournée, à l'influence de Machiavel dans l'imaginaire populaire.