S'il s'agissait d'un roman, le plus brillant écrivain lui-même pourrait-il réussir à faire croire à ses lecteurs qu'aussi peu de temps avait suffi à soumettre l'orgueil et à surmonter les préjugés ?
L'absence ou le mépris du programme n'est pas nécessairement un signe de totalitarisme.
L'imaginaire porte en lui un mépris de la réalité.
Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l'étroitesse d'esprit.
Le mépris est la maladie la plus dangereuse d'un état, et dont la contagion se répand le plus aisément et le plus promptement du chef dans les membres.
Spero Speroni explique admirablement comment un auteur qui écrit très clairement pour lui-même est souvent obscur pour ses lecteurs. " C'est, dit-il, parce que l'auteur va de la pensée à l'expression, et le lecteur de l'expression à la pensée."
Lire est une forme de paresse dans la mesure où on laisse le livre penser à la place du lecteur. Le lecteur lit et se figure qu'il pense ; de là ce plaisir qui flatte l'amour-propre d'une illusion délicate.
Un classique est un écrivain qui veille sur la tradition.
Un livre apporte au lecteur sa propre histoire.
Un mauvais enseignant porte en lui sa punition, le mépris quelquefois ou le ridicule.
Le livre d'un grand homme est un compromis entre le lecteur et lui.
La superbe que donne l'uniforme à ceux qui n'ont rien d'autre à se foutre sous l'aiguillon de la vanité.
L'écrivain doit accepter avec orgueil de porter sa propre date, sachant qu'il n'y a pas de chef-d'oeuvre dans l'éternité, mais seulement des oeuvres dans l'histoire.
Un peu de mépris épargne beaucoup de haine.
Le mépris de soi-même justifié est une maladie dont personne ne se relève.
Je voudrais que le lecteur ne soit pas simplement modifié pendant la lecture, je voudrais que quelque chose soit modifié aussi dans sa façon de voir le monde.
La réputation est un préjugé vain et fallacieux : souvent gagnée sans mérite et perdue sans justice !
La pitié sans orgueil n'appartient qu'à la femme.
Le bon écrivain ne fait pas de littérature.
La vraie science est une ignorance qui se sait.
Les femmes s'accommodent assez bien d'une part de mépris dans leur amour.
Femme superbe et mari criard, ne profiteront jamais de leur union.
Rendre leur mépris par la haine est encore une façon d'aimer ceux qui nous font du mal.
Combien désespérante la folie de l'homme, son mépris des autres, les signes trop nombreux que les leçons les plus élémentaires de l'histoire sont si mal retenues.
Un roman doit toujours contenir un secret.
Entre le roman sensuel et le roman sexuel, il y a cet écart essentiel ; que le premier voit dans la vie du sexe la chose la plus curieuse du monde, le second la chose la plus sérieuse du monde.
Le roman est l'apprentissage de la liberté de penser.
Les amoureux fervents et les savants austères Aiment également, dans leur mûre saison, Les chats puissants et doux, orgueil de la maison, Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.
Le roman est l'art de créer un homme, la biographie l'art de le ressusciter.
J'ai le plus profond respect pour le mépris que j'ai des hommes.
Et nous crevons par la Blague, par l'ignorance, par l'outrecuidance, par le mépris de la grandeur, par l'amour de la banalité, et le bavardage imbécile.