Un livre est un hôpital pour l'esprit.
Lire n'est pas nécessaire pour le corps (cela peut même se révéler nocif), seul l'oxygène l'est. Mais un bon livre oxygène l'esprit.
La charité est le moyen d'entretenir la pauvreté, de la fomenter, de la pérenniser.
J'emportais souvent, dans mes voyages, un de ces volumes de la « Pléiade » qui vous permettent de transporter toute une bibliothèque sur papier bible dans un format assez restreint. Et je choisissais Proust une fois sur deux ou trois
Le cerveau n'est pas une bibliothèque que l'on remplit. A quoi sert de l'encombrer du contenu d'une encyclopédie si l'on est capable d'aller retrouver dans celle-ci les informations nécessaires.
Dans l'art, la rébellion se consume et se perpétue dans l'acte de création réelle, pas dans la critique ou le commentaire.
L'extrême esprit est accusé de folie, comme l'extrême défaut... C'est sortir de l'humanité que de sortir du milieu.
La vie est comme un grand livre : si on oublie les pages qu'on tourne, on arrive à la fin sans rien avoir compris !
Pour un esprit absurde, la raison est vaine et il n'y a rien au-delà de la raison.
L'homme livré à lui-même doit apprendre à déjouer les pièges qui lui sont tendus : l'impatience, le découragement, l'orgueil, le désir de posséder...
La morale consiste à se savoir esprit et, à ce titre, obligé absolument ; car noblesse oblige. Il n'y a rien d'autre dans la morale, que le sentiment de la dignité.
Le critique est celui qui peut transposer d'une autre manière ou traduire en éléments nouveaux, son impression de la beauté.
Notre urbanité ne vaut la délicatesse paysanne, vraie fille de la charité chrétienne.
Que de gens sur la bibliothèque desquels on pourrait écrire : "usage externe", comme sur les fioles de pharmacie !
Plus le niveau de calme de notre esprit est grand, plus notre tranquillité d'esprit est grande, plus notre capacité de jouir d'une vie heureuse et joyeuse est grande.
Celui qui compose avec l'enfer se livre à l'enfer.
Le critique est presque toujours celui qui ne sait pas distinguer le con d'une fraîche jeune fille du trou du cul d'un vieux monsieur.
Le secret du bonheur spirituel est de ne pas faire la vaisselle pour que la vaisselle soit faite mais pour faire la vaisselle.
C'est la marque d'un petit esprit de s'en prendre à autrui lorsqu'il échoue dans ce qu'il a entrepris ; celui qui exerce sur soi un travail spirituel s'en prendra à soi-même ; celui qui achèvera ce travail ne s'en prendra ni à soi ni aux autres.
Le style est comme les ongles : il est plus facile de l'avoir brillant que propre.
L'homme est entraîné par son esprit à des souffrances qui sont bien au-dessus de sa condition.
Elle est devenue une boîte de réception de centaines de messages par jour. Sous tension, embrumé, son esprit ne peut plus se concentrer sur une activité, il lui faut répondre et renvoyer toute la journée comme dans un match de tennis sans fin. Lecture, réponse. Action, réaction.
Pour que la charité puisse être pratiquée, il faut que quelques-uns acceptent de ne pas la faire, ou ne soient pas en état de la faire.
Aimer une personne pour son apparence, c'est comme aimer un livre pour sa reliure.
Tous les secrets de l'âme d'un auteur, toutes ses expériences, toutes les qualités de son esprit sont gravés dans son oeuvre.
L'univers est une espèce de livre dont on n'a lu que la première page, quand on n'a vu que son pays.
Une bibliothèque est un hôpital pour l'esprit.
Notre corps est éphémère, mais notre esprit ne disparaît ni ne change, comme le ciel bleu derrière les nuages.
Un esprit médiocre croit écrire divinement ; un bon esprit pense qu'il écrit raisonnablement.
Ne lisez jamais un livre qui a moins d'un an.
Le livre est l'ami de la solitude. Il nourrit l'individualisme libérateur. Dans la lecture solitaire, l'homme qui se cherche lui-même a quelque chance de se rencontrer.