Seules sont perdues d'avance les batailles qu'on ne livre pas.
Tomber sur un livre à regards raccourcis.
La réalité nous livre des faits si romanesques que l'imagination elle-même ne pourrait rien y ajouter.
La littérature : un coup de hache dans la mer gelée qui est en nous.
Il ordonne qu'on lui remette les armes, qu'on lui amène les chefs des cités. Il installa son siège au retranchement, devant son camp: c'est là qu'on lui amène les chefs; on lui livre Vercingétorix, on jette les armes à ses pieds.
C'est curieux comme toutes les races isolées se croient seules dans l'univers.
Quand il fait trop froid, qui n'a pas de couverture n'a plus qu'à se recroqueviller.
Les seules belles histoires d'amour sont les vraies et les histoires vraies sont banales.
Il n'y a pas de si mauvais livre où l'on ne puisse apprendre quelque chose.
Un jour, j'ai entendu un homme sage dire qu'il n'y a pas d'hommes parfaits. Seules les intentions parfaites.
Tel livre où on n'avait rien trouvé d'utile, lu avec les yeux d'une expérience plus avancée, portera leçon.
Il n'y a aucune raison pour que le même individu aime le même livre à dix-huit et à quarante-huit ans.
Que de chefs-d'oeuvre gagnent, en vérité, à ne pas être lus. D'où cette passion aveugle que vouent à la littérature ceux qui ne lisent pas.
Retenez bien ceci : Livre = connaissance = pouvoir = énergie = matière = masse. Une bonne bibliothèque n'est donc qu'un trou noir cultivé.
Quand sait-on qu'un livre est fini ? A partir du moment où on ajoute des virgules qu'on enlève le lendemain.
L'enseignement des lettres est à la littérature ce que la gynécologie est à l'érotisme.
La littérature vous jette dans la bataille ; écrire c'est une certaine façon de vouloir se libérer ; si vous avez commencé de gré ou de force voue êtes engagés.
Nous avons de la littérature d'évasion, pourquoi n'existe-t-il pas des biographies d'évasion ?
Il y a tout d'abord la littérature de la connaissance, et secondement, la littérature de la puissance. La fonction de la première est d'enseigner ; la fonction de la seconde est d'émouvoir.
Je ne vais à la Bibliothèque Nationale que pour lire des livres obscènes et je suis prêt à faire l'amour avec n'importe qui.
Il y a des batailles aériennes d'ondes qui... tourbillonnent entre ciel et terre comme le regret indestructible du suicidé qui à mi-chemin de sa chute du sixième étage, soudain ne voudrait plus mourir.
Un livre est grand par la grandeur du désespoir dont il procède, par toute cette nuit qui pèse sur lui et le retient longtemps de naître.
De même, un livre qu'on aime, c'est avant tout un livre dont on aime l'auteur, qu'on a envie de retrouver, avec lequel on a envie de passer ses journées.
Ordonner une bibliothèque est une façon silencieuse d'exercer l'art de la critique.
Certaines batailles se gagnent en silence.
On naît livré au hasard et c'est en se créant qu'on se livre, en créant sa vie.
Ne juge jamais un livre par son film.
La grande littérature est simplement du langage chargé de sens au plus haut degré possible.
Voilà, je vous ai livré quelques-unes de mes impressions sur Hercule Poirot. Elles sont fondées sur des relations vieilles de plusieurs années. Nous sommes amis et associés, et je lui suis fort redevable sur un plan financier.
En littérature comme en amour, nous sommes toujours étonnés de ce que choisissent les autres.
J'avais toujours pensé sottement que la dépression nerveuse était un terme inventé pour exprimer une espèce de faiblesse psychologique, un manque d'énergie. Maintenant, je suis persuadé du contraire, et je l'explique dans mon livre en montrant que c'est le corps qui commande et qu'il n'y a aucune énergie à opposer aux décisions du corps dépressif.