Une oeuvre d'art, c'est un monceau de cicatrices.
Un livre posthume est presque toujours une oeuvre que l'on a eu tort de ne pas enterrer avec son auteur.
Le théâtre de boulevard est un genre, léger, vif, un théâtre de divertissement.
La poésie passe par l'amour des mots, l'alchimie du verbe. C'est aussi ce qui nous délivre de nous-même, qui nous permet de trouver ce qui est ailleurs.
Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais pas à quoi.
Chaque poème à lire ou à relire est un poème à refaire.
Dans un art de vivre accompli où alternent, selon un ordre éprouvé, effort et repos, sérieux et jeu, travail et plaisir, la promenade a également sa place.
Celui qui parle le mieux l'emporte toujours, et c'est un bien bel art que celui de savoir rendre petites les choses grandes et grandes les choses petites, de rester en toutes circonstances, le maître des définitions, et de fixer l'ordre et la règle.
Le peintre déploie ce qui n'a pas été vu.
Mais quand une civilisation s'écroule, est-ce une réserve de billets de banque que leurs successeurs trouvent parmi les ruines, ou est-ce une statue, un poème, une pièce de théâtre ?
Aucune oeuvre d'art n'est assez forte pour survivre à la surdité de ceux qui l'écoutent.
Le poète est en face du langage comme le peintre est en face de l'objet. Le langage devient sa matière première.
La langue est un théâtre dont les mots sont les acteurs.
L'Ecole polytechnique est aux mathématiques ce qu'est un dictionnaire de rimes à la poésie baudelairienne.
Sur la scène du texte, pas de rampe : il n'y a pas derrière le texte quelqu'un d'actif et devant lui quelqu'un de passif; il n'y a pas un sujet et un objet.
Qui voit la figure humaine correctement : le photographe, le miroir ou le peintre ?
Je trouve les défauts attrayants. Je trouve les cicatrices attrayantes.
La poésie c'est la raison en vacances, une possibilité de survivre dans ce monde voué au matérialisme.
Le théâtre est un lieu de tensions. C'est pas un lieu où tout est facile, où on travaille en famille. C'est la vie, le théâtre. Un lieu de conflits, même dans sa réalisation. Et c'est bien qu'il le reste, qu'il ne devienne pas artificiellement un lieu de
Je ne comprends pas qu'ils ne sachent pas au moins garder le silence devant une oeuvre d'une telle beauté, beauté irritante, peut-être exaspérante même, parce que l'auteur, avec tout son génie, touche à des choses très graves avec une sorte d'insolence qui fait peur.
Moins une oeuvre est comprise, moins vite elle ouvre ses pétales et moins vite elle se fane.
Une oeuvre d'art n'expose pas une vérité préétablie ; elle incarne une vérité vécue.
Le théâtre n'est pas muet comme est le ciné et n'est pas privé du geste comme le roman.
La tâche du théâtre consiste en une expérience de gestes qui témoignent du passé et en font le signe de l'avenir.
Le théâtre peut se passer de tout, sauf du poète.
Le devoir du théâtre et de ses serviteurs, dignes ou indignes, sera toujours celui d'affirmer l'engagement des ressources intérieures conscientes et inconscientes de l'être humain.
Celui pour qui le théâtre est la joie de la métamorphose mourra acteur, même dans la cellule d'un couvent.
Le code du théâtre est beaucoup moins riche que la variété des simulacres de la vie.
Il faudrait faire du théâtre satirique avec la netteté d'un Beaumarchais et l'abondance d'un Rabelais.
Le cinéma, c'est du théâtre en conserve.
Le succès d'une oeuvre littéraire ne confirme pas toujours sa valeur.