Entre hommes d'honneur la complicité est comme l'amitié ; elle demande une longue préparation.
Depuis la création du monde il n'y a eu qu'une entente sacrée : la connivence des femmes.
La vie est belle parce que nous mourons. Ce n'est pas un paradoxe. Ce serait atroce si nous ne mourrions pas. Et quand le Christ veut punir le Juif errant, il le condamne à l'immortalité. La vie est belle parce que nous mourons. je le crois profondément.
C'est en saison sèche qu'on se lie d'amitié avec le piroguier.
On ne manque pas de sociologues à faible quotient intellectuel aujourd'hui. Pourquoi j'en ajouterais, avec mon intelligence supérieure ?
Nous sommes tous des immigrés ; seule notre date d'arrivée change.
Toutes les inventions jolies et charmantes pour ceux qui ont les moyens d'en jouir valent-elles, vraiment, la somme de misère et de souffrance que nos civilisations produisent ?
Une amitié née des affaires vaut mieux qu'une affaire née de l'amitié.
Il déclare donc, ou plutôt il avoue hautement que le Dernier Jour d'un Condamné n'est autre chose qu'un plaidoyer, direct ou indirect, comme on voudra, pour l'abolition de la peine de mort.
L'amitié ? Intérêt. La vie ? Mystère. La souffrance ? Névrose. L'idéal ? Néant.
La vie conjugale est une longue partie de bowling. Année après année, les illusions sont renversées l'une après l'autre.
De même que la médecine n'est d'aucun profit si elle ne chasse pas la souffrance du corps, la philosophie est inutile si elle ne chasse pas la souffrance de l'esprit.
Choisie ou forcée, transitoire ou définitive, la solitude est de plus en plus préférée au lien forcé. On apprend à l'aménager et à profiter de son égoïsme.
Celui qui n'a pas connu la souffrance et la misère ne peut pas apprécier cette paix intérieure qui pourrait le rendre insensible aux malheurs des autres.
Il n'y a pas de longue journée qui ne se termine par une nuit.
Savez-vous pourquoi Dali est contre la peine de mort ? Il me l'a dit l'autre jour. C'est parce qu'il est partisan de la torture, une très longue torture.
Il m'apportait des jouets étonnants et discutait avec moi comme si j'avais été grand. Il n'agissait pas ainsi sans raison. Sa théorie était que les enfants sont doués de sens aigus et d'une intelligence naturelle, et qu'il convient de les écouter.
A mesure que j'avançais en âge, mon « hugolâtrie » grandissait, et chaque nouvelle oeuvre du poète, attendue avec impatience, était dévorée dès son apparition. Si j'entendais autour de moi grincer d'irritantes critiques, je me réconfortais en causant avec Berlioz, qui voulait bien m'honorer de son amitié et dont l'admiration pour Hugo égalait la mienne.
La voie la plus longue aura un virage.
Le plus pénible avec les impuissants, c'est qu'ils parlent.
Il faut se lever de bonne heure quand on doit, dans sa journée, marcher une longue piste.
Moi, je suis méchante : ça veut dire que j'ai besoin de la souffrance des autres pour exister.
La misère a ses gestes. Le corps même à la longue prend des habitudes de pauvre.
Tu avais une connivence contagieuse avec tout ce qui est vivant et m'a appris à regarder et à aimer les champs, les bois et les animaux. Ils t'écoutaient si attentivement quand tu leur parlais que j'avais l'impression qu'ils comprenaient tes paroles. Tu me découvrais la richesse de la vie et je l'aimais à travers toi.
Au long de la longue vie, il y a bien des amours parce que Dieu est bon. Mais d'un amour plus fort que tout, plus obstiné que tout, plus long que tout, nul n'est aimé que par sa mère.
Est-il donc vrai que dans tout amour, il y a une souffrance en éclosion ? Pourquoi devons-nous toujours payer d'une incertitude, d'un doute, d'une angoisse même, nos plus petits bonheurs ?
Qu'est-ce que l'enfer ? Je soutiens que c'est la souffrance de ne pouvoir aimer.
La drogue a fait cent morts en France l'année dernière, l'alcool cinquante mille ! Choisis ton camp, camarade !
Avoir souffert rend tellement plus perméable à la souffrance des autres.
L'attente de celui qui attend est une perle très belle ; de quelque côté qu'il se tourne, il agira avec intelligence et avec prudence.
Vivre, quelle souffrance, et quelle souffrance sans partage !