L'opéra, c'est la quintessence du théâtre.
Le théâtre est une domestication.
Le théâtre a toujours placé en exergue du monde ce qui le déchirait. Il n'existe que dans le rapport à la blessure dont le terme le plus commun est la psychose, la folie : l'histoire du théâtre est une longue histoire de fous, de possédés.
Le théâtre sert à créer une dialectique, pour que les gens réfléchissent à leur vie, à son sens : pourquoi est-on là et à quoi cela sert-il ?
Le théâtre est un temple du contact d'homme à homme, une dramaturgie de la rencontre.
Le théâtre, c'est la générosité, le cinéma, c'est l'avarice. La caméra vient nous chercher, il faut tout garder. Le théâtre est le véritable espace d'expression du comédien.
Le théâtre est beaucoup moins conventionnel que les autres arts comme la peinture, la musique, la sculpture et même la littérature.
Le théâtre est une cérémonie dont l'objet est de revitaliser la communauté.
Depuis la liquidation de l'Empire, il ne se passe plus rien en France. Il n'y a plus eu de drame politique comparable à ce qu'on a vécu.
Contrairement à une idée reçue, la traduction n'est pas une "première mise en scène". Ou alors elle se condamne à l'éphémère. Elle doit être tout aussi rétive au théâtre que le texte original peut l'être.
Une bataille est un drame en trois actes. On commence par s'ennuyer ferme, puis on est terrifié et pour finir on est mort.
Le théâtre est une nourriture aussi indispensable à la vie que le pain et le vin... Le théâtre est donc, au premier chef, un service public. Tout comme le gaz, l'eau, l'électricité.
Le théatre est un problème social comme toutes les questions artistiques.
Le spectateur est tel un enfant qui a peur des monstres mais qui veut regarder sous le lit avec une lampe de poche.
Le théâtre dévoile la mystification que représente une certaine évidence sociale.
Le théâtre est le seul lieu où les crimes puissent se changer en métaphores, et les morts en vivants.
Le code du théâtre est beaucoup moins riche que la variété des simulacres de la vie.
La liberté que nous assure ce désengagement critique (à tous les sens de ce mot) est donc sollicitude et ouverture sur la totalité.
Bientôt l'amour, fertile en tendres sentiments,S'empara du théâtre ainsi que des romans.
Le théâtre a toujours été une école pour les jeunes, les gens à demi-cultivés et les femmes, qui, possédant encore le bas talent de se tromper ou de se laisser tromper, sont accessibles à l'illusion et à la suggestion de l'auteur.
Le drame de l'existence humaine est de devoir renoncer un jour à être dans la lumière.
Une pièce de théâtre est une conversation.
Le drame des dictatures, c'est qu'elles donnent toute licence aux malades mentaux, aux mégalomanes, aux méchants, aux malhonnêtes gens d'aller jusqu'au bout de leur folie, de leur mégalomanie, de leur méchanceté, de leur malhonnêteté.
Le théâtre doit servir à ça, à aller, toujours, vers un peu plus de communion.
Il faut être heureux et y mettre du sien. Si l'on reste dans la position du spectateur impartial, laissant seulement entrée au bonheur et portes ouvertes, c'est la tristesse qui entrera.
Le politicien est un acteur contrarié, toujours en quête de bravos ; le poète est un spectateur implacable toujours prêt à siffler.
L'histoire se joue d'abord comme un drame et se répète comme une comédie.
Faire du théâtre exige une double aptitude : à la révolte et à l'admiration.
Le théâtre doit être une lumière pour l'intelligence.
Il n'y a de théâtre vivant que si les auteurs y sont attachés. Ce sont les auteurs autant que les troupes qui font les théâtres.
L'action du théâtre comme celle de la peste est bienfaisante, car poussant les hommes à se voir tels qu'ils sont, elle fait tomber le masque, elle découvre le mensonge, la veulerie, la bassesse, la tartufferie.