Ce n'est pas la nature, c'est l'espérance qui a horreur du vide.
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie mais la poésie qui illustre le mot.
Entrer en scène, c'est comme se jeter dans le vide du haut de la tour Montparnasse. Certains diront que, vu ma taille, il me suffirait de sauter du haut d'un trottoir mais ce ne sont, évidemment, que de mauvaises langues.
Les tensions qui se manifestent aujourd'hui en France ne sont pas de même nature que les conflits théologiques de jadis.
Si on fait le vide autour d'un souvenir, il ne reste plus rien que ce souvenir dans l'infini qu'on a, et ce souvenir devient l'infini.
La première clé de la grandeur est d'être en réalité ce que nous semblons être.
Les yeux sont par nature de la lumière offerte à l'ombre.
Il n'y a pas de fait contre nature ; la nature n'est jamais contre elle-même.
La connaissance, au fond, ne fait pas partie de la nature humaine. C'est la lutte, le combat, le résultat du combat, et c'est par conséquent le risque et le hasard qui vont donner lieu à la connaissance. La connaissance n'est pas instinctive, elle est contre-instinctive ; de même qu'elle n'est pas naturelle, elle est contre-naturelle.
La vie sans poésie et la vie sans infini, c'est comme un paysage sans ciel : on y étouffe.
La femme la plus compliquée est plus près de la nature que l'homme le plus simple.
La violence ou la guerre, entre deux hommes ou deux nations, apparaissent aussi comme une compensation aveugle et insensée à tout ce qui n'est pas vraiment achevé dans la nature humaine.
La Nature doit être le fondement et le modèle de la science; ainsi l'Art travaille selon la Nature dans tout ce qu'il peut. Il faut donc que l'Artiste suive la Nature et opère selon elle.
La poésie ce n'est pas du vent, c'est le vent qui est poésie.
Il n'y a pas de signe certain de la vertu : tout est confusion dans la nature humaine.
Si un homme vide sa bourse dans sa tête, personne ne peut la lui prendre. Un investissement dans le savoir paie toujours les meilleurs intérêts.
Le roman prend corps pour ensuite se vêtir. Prenant âme; la poésie demeure nue.
La poésie est le plus court chemin d'une sensibilité à une autre.
Je vais vous dire ce qu'est l'homme. C'est un monstre, un foetus éjecté privé de son développement naturel, jeté au monde avec une couverture nue de parchemin, avec trop peu de place pour ses dents et un crâne bombé mou comme une bulle. Mais la nature y remue un pudding.
Sans le mot qui seul compte dans l'expression d'une pensée, la pensée en question n'est qu'un pur fantôme en attente de corps. Là où les mots manquent pour le dire, manque aussi la pensée.
La poésie est mémoire baignée de larmes. La musique est mémoire de la mer.
L'intelligence de la poésie est répandue, chez les Français, autant, ou quasiment, que l'instinct maternel chez les poissons.
La véritable nature d'un individu ne se manifeste jamais aussi clairement qu'au moment où il subit une vexation, un outrage ou une offense.
La seule certitude dans la vie, c'est qu'il y a une fin.
L'homme a reçu de la nature une clef avec laquelle il remonte sa femme toutes les vingt-quatre heures.
Les hommes attendent parfois de la vie quelque chose qu'elle ne leur donnera pas, et cette attente idiote, c'est leur but, leur passion. Pourquoi les hommes rendent-ils creux ce qui est plein ?
Qui n'a pas été député ne saurait se faire une idée du vide humain.
Étonnant, cette manie qu'a la nature de tuer tout ce qui est vivant et de laisser vivre tout ce qui est mort.
Lumière pure, lumière pour elle-même, et pour ce vide en soi, pour s'inventer présent, désert et nu, offert au risque d'un soleil pâle tombant en frêle éternité dans une minute parfaite,entre deux averses ou bien tout un matin d'été.
Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien.
La nature prouve qu'elle nous veut du bien puisqu'en nous donnant des larmes elle nous donne le meilleur : la sensibilité.