Ce ne sont pas nos sensations, c'est notre jugement qui nous trompe.
La fiction ne trompe pas. Les êtres finissent toujours par se révéler tels qu'ils sont.
On ne peut juger de la beauté de la vie que par celle de la mort.
Sur ce qu'il vient d'écrire dans la journée, il a des peurs nocturnes. La nuit, fantastiquement, ramène tout à l'imaginaire de l'écriture : l'image du produit, le potin critique (ou amical) : c'est trop ceci, c'est trop cela, ce n'est pas assez... La nuit, les adjectifs reviennent, en masse.
Faut-il condamner Hugo parce qu'il s'est trompé ? Parce qu'il a cru que la connaissance donnée à tous assurerait la moralisation de tous ? Il faut aimer les illusions quand elles sont généreuses. Même si nous devons plus tard nous attrister quant à leur naïveté.
Le critique insulte l'auteur : on appelle cela de la critique. L'auteur insulte le critique : on appelle cela de l'insulte.
Un critique peut se faire un nom en poignardant un auteur très connu.
La bonne musique ne se trompe pas, et va droit au fond de l'âme chercher le chagrin qui nous dévore.
Le vrai courage consiste à prendre une décision et à la respecter, à faire ce qui doit être fait.
La durée moyenne de la vie est beaucoup plus grande pour les souvenirs des sensations poétiques que pour ceux des souffrances du cÏur.
Selon la loi qui veut qu'on ne prêche que des convertis, un critique ne peut avoir d' « influence » sur ses lecteurs que pour autant qu'ils lui accordent ce pouvoir parce qu'ils sont structuralement accordés à lui dans leur vision du monde social, leurs goûts et tout leur habitus.
Il ne faut jamais juger les gens sur leurs fréquentations : Judas, par exemple, avait des amis irréprochables.
Au jugement dernier, on te demandera : "Quels sont tes actes ?" et non : "Qu'est-ce que tu bois ?"
La critique est aisée et le critique dans l'aisance.
Il est bien plus difficile de se juger soi-même que de juger autrui.
On fait de la critique quand on ne peut pas faire de l'art, de même qu'on se met mouchard quand on ne peut pas être soldat.
C'est toujours un grand mal que de juger dépassé ce qui est irremplaçable.
Parmi les plus grandes découvertes qu'ait faites la raison humaine ces derniers temps il y a, selon moi, l'art de juger les livres sans les avoir lus.
Le vrai jugement dernier, ce sera Dieu qui comparaîtra devant le tribunal des hommes.
L'activité paranoïaque critique est une force organisatrice et productrice de hasard objectif.
La critique ne m'inquiète pas.
Tout jugement est une épitaphe.
J'ai la possibilité d'être critique parce que je n'ai plus de responsabilité éditoriale.
Celui qui croit qu'il peut se passer des autres se trompe, et celui qui croit que les autres ne peuvent pas se passer de lui se trompe encore plus.
Quand on se méfie, on se trompe ; quand on ne se méfie pas, on est trompé.
C'est quelquefois la critique d'un critique que nous n'aimons pas qui nous fait aimer le livre critiqué.
Quand on te loue, n'oublie pas de te juger toi-même.
Nous acceptons d'être jugé par des personnes à qui nous interdirions de juger autrui.
On entend souvent la remarque : "Il parle trop", mais a-t-on jamais entendu la critique : "Il écoute trop" ?
L'écologie est une rébellion de l'esprit critique contre toute forme de pouvoir abusif.
À ceux qui ne changent jamais d'opinion, il incombe particulièrement de bien juger du premier coup.