La vie sépare autant que la mort.
Les jeunes dessinateurs préfèrent se consacrer à la bande dessinée. Je l'explique aussi par la dépolitisation de la génération des années Mitterrand, et par la réduction du nombre de supports.
Qui pourrait s'imaginer qu'à notre époque il se commet autant d'atrocités dans un pays chrétien et civilisé ? On épargne les enfants, qu'on vend ou qu'on donne pour en faire des domestiques, ou plutôt des esclaves, aussi longtemps toutefois que leurs possesseurs peuvent les persuader qu'ils sont esclaves.
Le silence est essentiel. Nous avons autant besoin de silence que d'air, autant que les plantes ont besoin de lumière. Si nos esprits sont encombrés de mots et de pensées, il n'y a pas de place pour nous.
Tu veux bâtir des cités idéales, détruis d'abord les monstruosités : gouvernements, casernes, cathédrales, qui sont pour nous autant d'absurdités.
La première moitié de notre vie est gâchée par nos parents, et la seconde par nos enfants.
Il n'y a aucune commune mesure entre les libertés qu'on veut obtenir de plus fort que soi et celles qu'on refuse d'accorder à plus faible que soi.
Les hommes qui sont nés pour jouir véritablement de la vie font ce qui leur plaît, à l'heure où cela leur plaît, et ne perdent pas leur temps à prévoir l'avenir, à se garer de catastrophe imaginaires.
Allez-y, faites-moi la peau, bande de fumiers et de lâches. Je m'en fous, j'ai pas envie de vivre, surtout dans un monde aussi dégueulasse que celui-ci.
Nous serons pauvres et nous souffrirons la misère aussi longtemps qu'il le faut, comme une ville assiégée qui n'entend pas capituler, mais nous montrerons que nous sommes quelque chose.
La propriété est évidemment absurde. Pour être heureux, il ne faut avoir rien, ou tout au moins ne tenir à rien, car les possédants sont aussi des possédés.
Dans le football, comme dans la vie, on peut pas avoir que des architectes, on doit aussi avoir des maçons.
Les gens qu'on aime sont aussi ceux qui nous torturent.
Les questions du type « Qui suis-je réellement ? » ou « Que fais-je exactement ? » ont toujours été un frein tant à l'existence qu'à l'activité. En bref, l'exercice de la vie implique une certaine inconscience qu'on pourrait définir comme une insouciance du « Quant à soi ».
La vie c'est surtout des moments de brouillons, de ratures, de blancs.
Le plaisir qu'ont les gens de vous annoncer un deuil aussi bien qu'une naissance. L'important, c'est d'être le premier à le faire.
Insultez-moi tout ce que vous voulez. Jugez moi autant que vous voulez. Dites ce que vous pensez, tout ce que vous voulez. Mais une chose. Ne touchez pas mes fans.
Notre vie est une constante négociation entre le rationnel, l'imaginaire et nos émotions.
Il y a deux choses qui abrègent la vie : la folie et la méchanceté.
Les maximes générales sont surtout bonnes contre les peines et les erreurs du voisin. Mais contre une fureur d'amour trompé ou d'ambition, ou d'envie, que pourrait une maxime ? Autant vaudrait, contre la fièvre, lire l'ordonnance du médecin.
Chez les miens, on a toujours jeûné le ramadan. C'était naturel, ça allait de soi, on n'en faisait pas toute une histoire. De nos jours, il ne suffit plus de jeûner, il faut aussi montrer à tout le monde que l'on jeûne, et il faut surveiller de près ceux qui ne jeûnent pas.
Chacun est responsable de sa vie et de sa mort.
Les grands-parents, comme des héros, sont aussi nécessaires à la croissance d'un enfant que des vitamines.
Toutes les images sont des mensonges, l'absence d'image est aussi mensonge.
La vie ne représente une richesse que si on la dilapide.
C'est vrai que l'on doit la vie à ceux qui ne doutent pas de vous.
L'apparente immobilité d'un livre nous leurre : chaque livre est aussi la somme des malentendus dont il est l'occasion.
Etre poète, c'est trouver Sa vie dans les autres.
Les livres ne contiennent pas la vie ; ils n'en contiennent que la cendre.
On se donne bien de la peine et on s'impose bien des privations pour guérir le corps ; on peut bien, je pense, en faire autant pour guérir l'âme.
Perdre son temps avec soi-même est aussi une manière de s'aimer.