Les haines les plus empoisonnées sont celles qui naissent sur de vieilles amours.
Où reste le destin, quand cinq mille individus naissent au même endroit et au même moment ?
Les amours clandestines sont plutôt rassurantes. Le peu qu'on s'offre, on a eu si peur de le perdre, qu'on est exact aux rendez-vous.
La tragédie de l'amour tient à ce qu'il n'échappe pas à la dimension temporelle. Quand on partage la vie d'un être aimé, il y a une cruauté toute spéciale à constater combien nos anciennes amours nous sont devenues indifférentes.
Dans la vie on n'a qu'un seul grand amour et tous ceux qui précèdent sont des amours de rodage et tous ceux qui suivent sont des amours de rattrapage.
C'est par des actes que les hommes naissent et meurent, non par des mots.
On ne peut pas décrire le rouge enfer des amours enfantines
Le monde ne peut pas passer son temps à regarder en arrière et à entretenir les haines du passé. On ne progresserait pas sinon.
Les hommes naissent semblables mais pas égaux.
Les hommes naissent sur commande sociale passée auprès des particuliers.
Un grossissement de plus, et ces visages se décomposeraient en mouvements d'atomes, aussi indifférents à ce baiser que nous pouvons l'être aux amours démesurées des astres.
Les hommes naissent innocents, mais ça ne durent guère.
Le monde moderne vit donc dans un affrontement entre deux amours bien différents : l'amour de Dieu poussé jusqu'au mépris de soi et l'amour de soi poussé jusqu'au mépris de Dieu.
Tous les hommes, femmes comprises, naissent prisonniers et inégaux, ce que le droit doit essayer de corriger dans la mesure du possible.
Les mères n'ont pas de rang, pas de place. Elles naissent en même temps que leurs enfants.
Notre prison n'a que trois murs et c'est contre le quatrième que le prisonnier s'acharne, sur ce quatrième mur invisible qu'il écrit ses amours et ses rêves.
Des amours précaires naissaient à l'ombre du couvre-feu sans que l'on soit sûr de se retrouver les jours suivants.
Les hommes naissent libres et égaux en droits. Seulement, par la suite, il y en a qui se marient.
Certains naissent super. Certains atteignent la grandeur. Certains l'obtiennent comme cadeau.
Les mouettes naissent des mouchoirs que l'on agite au départ du bateau.
Quel littérateur ne quitterait pas une femme pour avoir le droit de raconter ses amours avec elle.
Comme les vendanges, les amours tardives sont les plus délicieuses.
Tous les pays se ressemblent. Tous les amours sont une invitation au voyage. Ce sont les voyages seuls qui diffèrent.
L'art comme l'absurde naissent tous deux du hasard. Ensuite les mots s'en mêlent, et tout devient légende, c'est-à-dire mensonge.
Le droit et la loi, telles sont les deux forces : de leur accord naît l'ordre, de leur antagonisme naissent les catastrophes.
Les amours non assouvies ne meurent pas ; elles attendent dans l'ombre l'étincelle qui les fera flamber à nouveau.
Les plus grands naissent posthumes.
La vie passe, les amours se fanent, le temps les effacent mais toi tu restes.
Si on pouvait fouiller les coeurs et les consciences, on retrouverait presque toujours à l'origine des haines sociales, une souffrance physique ou morale, une injustice ou un vice d'argent.
Les interminables amours épistolaires des romantiques n'auraient pas eu cours s'il y avait eu le téléphone à cette époque.
Les dictateurs naissent dans les maisons où on n'ose pas donner à un ordre à la bonne.