La prison est une blessure pour les corps, pour les esprits ; aucun texte ne lui fait injonction d'être le mouroir des espoirs.
La main destructive de l'homme n'épargne rien ; il tue pour se nourrir, il tue pour se vêtir, il tue pour attaquer, il tue pour se défendre, il tue pour s'instruire, il tue pour s'amuser, il tue pour tuer ; il a besoin de tout, et rien ne lui résiste.
Le corbeau chante aussi bien que l'alouette pour qui n'y fait pas attention. Que de choses n'obtiennent qu'à leur saison leur juste assaisonnement de louange et de perfection !
Le ciel vient toujours au secours de ceux qui ne lui laissent pas tout à faire.
Chacun de nous transporte en soi le centre de l'univers.
Celui qui en sait beaucoup sur les autres est peut-être instruit, mais celui qui se comprend lui-même est plus intelligent.
A un pauvre il lui faut peu de chose pour que ce lui soit de l'extraordinaire.
À chaque saison qui commence, c'est comme si je repartais de zéro.
La collision de tous les sentiments contradictoires qui l'agitaient avait produit la neutralité, et aucun d'eux n'était capable de lui communiquer le mouvement.
Un homme est plus homme par les choses qu'il garde pour lui que par celles qu'il dit.
Qui parle de choses qui ne la regardent point entend ce qui ne lui plaît pas.
La personne que nous aimons sans être aimé voit dans nos générosités une dépendance de plus qu'elle contracte envers nous et rien ne lui répugne davantage que de sentir se multiplier les liens la joignant à qui elle n'aime pas.
La Terre nous fait attendre ses présents à chaque saison mais on recueille à chaque instant les fruits de l'amitié.
Quelque affection qu'on ait pour un ami, jamais il ne faut lui donner un avantage à pouvoir s'en prévaloir s'il devenait un ennemi.
Du romantisme et de sa haine du conforme datent deux choses : le rêve d'immortalité a été remplacé par celui de la postérité, reconnaissance tardive des artistes maudits, lequel est éclipsé de nos jours par la notoriété, à savoir la dilatation de soi sur tous les réseaux et médias comme ego visible et flottant.
Le seul domaine où le divin soit visible est l'art, quelque nom qu'on lui donne.
Un mur peut se sauter, mais comment s'évader de soi ?
Si j'avais deux visages, est-ce que je porterais celui-ci ?
Tu veux savoir quelle est, pour une vie, la plus vaste étendue ? Vivre jusqu'à la sagesse. Celui qui l'a atteinte touche non pas le terme le plus reculé mais le terme suprême.
La femme s'est toujours réservé la part captivante de la séduction (la séductrice), lui s'est toujours retrouvé avec la part légèrement ridicule (le séducteur).
Un homme d'affaires a besoin de trois parapluies - un à laisser au bureau, un à laisser chez lui et un à oublier dans le train.
Un coup d'épée guérit et cicatrise très vite, dès qu'un médecin s'en occupe, tandis que la blessure d'Amour empire plus elle est près de son médecin.
Rien ne se nourrit de lui-même comme le fait la libéralité.
Il semble impossible de passer toute sa vie sans avoir près de soi la douceur d'une présence féminine.
La discipline en soi n'est pas un concept empoisonné, seule l'est la discipline imposée au lieu d'être choisie.
Le seul vrai lecteur, c'est le lecteur pensif. C'est à lui que ce livre est adressé.
Le caméléon a la lucidité de changer de couleur pour s'adapter à son environnement tandis que l'homme quant à lui opte pour le contraire, quitte à le détruire.
La vie d'un honnête homme est quelque chose de très plat. Que lui reste-t-il, puisqu'il s'est retranché le désir de plaire ? Il aime sa femme, si l'on peut aimer une femme à qui l'on n'a pas à faire la cour.
Une malade, un jour, me flanqua une gifle sonore. Mon premier mouvement fut de la lui rendre. Mais en fait, je saisis cette vieille main et j'y déposai un baiser. La petite vieille se mit à pleurer. "Tu es ma [...] â–º Lire la suite
Dans les récits d'un enfant victime d'inceste, il lui deviendra toujours difficile de partir de chez ses parents, de vivre ailleurs et de se sauver de la mort.
On n'est jamais sûr de soi dans ce métier. On apprend toujours de nouvelles choses. Et il faut constamment se dépasser.