Quand on voit c'qu'on voit, puis qu'on entend c'qu'on entend, on a raison d'penser c'qu'on pense.
Cette célèbre citation de Coluche exprime, avec un langage simple et direct, une idée de bon sens populaire et de logique empirique. Elle signifie que les conclusions et les opinions que vous formez sont légitimes et justifiées par les faits objectifs que vous percevez directement. En d'autres termes, si ce que vous voyez de vos propres yeux et ce que vous entendez de vos propres oreilles est incohérent, illogique ou absurde, il est normal et justifié de développer une opinion critique ou un jugement qui en découle.
C'est une affirmation de la souveraineté du jugement personnel face à la réalité observée.
Cette maxime est applicable dans de nombreux contextes :
Malgré sa popularité, cette citation présente des limites :
La morale principale à retenir est celle de la primauté de l'observation personnelle et du sens critique. Ne vous laissez pas dicter votre opinion, mais fondez-la sur la réalité que vous constatez par vous-même. La citation est un plaidoyer pour l'autonomie de la pensée : votre expérience est un filtre valide pour juger du monde. C'est une invitation à se fier à son instinct et à sa logique simple face à l'hypocrisie ou l'absurdité du monde.
Le style est typique de Coluche : oral, populaire et décontracté. L'utilisation d'élisions informelles (qu'on au lieu de que l'on, d'penser au lieu de de penser, c'qu'on au lieu de ce que l'on) ancre la citation dans la langue parlée de tous les jours, la rendant immédiatement accessible et percutante. Le vocabulaire est simple (voir, entendre, penser), ce qui renforce l'idée de bon sens élémentaire. La structure est une accumulation ternaire (voir, entendre, penser) qui mène à une conclusion inéluctable, créant un effet de logique implacable et humoristique.
Cette pensée peut être rapprochée de concepts philosophiques :
Cette phrase n'a pas une origine unique. C'était une formule récurrente, une sorte de gimmick ou de punchline que Coluche utilisait dans ses sketchs, ses interviews ou ses prises de parole publiques pour justifier ses critiques acerbes du système ou des politiciens. Elle était employée pour conclure un argument ou pour introduire une diatribe, comme pour dire : « La preuve est là , sous vos yeux, donc ce que je dis est juste. »
L'auteur est Coluche (Michel Gérard Joseph Colucci, dit), humoriste, comédien et militant français, né en 1944 et décédé en 1986. Reconnu pour son humour caustique et subversif, il a marqué la culture française en dénonçant l'hypocrisie sociale et politique avec un langage cru et populaire. Il est également le fondateur des Restos du Cœur.
La citation est emblématique de la France des années 1970 et 1980. C'était une période de méfiance croissante des citoyens envers les élites politiques et les institutions traditionnelles. L'humour de Coluche, très populaire, reflétait ce sentiment de désillusion. Sa capacité à résumer des situations complexes en une phrase de bon sens, sans filtre et en utilisant un langage familier, lui a permis de toucher une large audience qui se sentait ainsi légitimée dans sa propre frustration et son jugement critique du monde qui l'entourait.