Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, « franchouillard » ou cocardier, nous est étranger, voire odieux.
Artiste, écrivain, Philosophe (1948 - )
Sens de la citation
Cette citation exprime un rejet catégorique de l'identité nationale française perçue comme un ensemble de clichés traditionnels et de tendances nationalistes. L'auteur, Bernard-Henri Lévy (souvent désigné par ses initiales BHL), se positionne comme résolument cosmopolite, c'est-à -dire citoyen du monde, qui s'intéresse à toutes les cultures et n'est lié à aucune en particulier. Il oppose clairement cette ouverture au monde à ce qu'il nomme le « franchouillard » (ce qui est typiquement et parfois caricaturalement français) et le « cocardier » (ce qui exprime un nationalisme étroit et une fierté chauvine), qui lui sont « étrangers, voire odieux ».
Interprétations possibles
- Affirmation de l'universalisme : L'interprétation la plus directe est la primauté des valeurs universelles sur les particularismes nationaux. Pour l'auteur, l'attachement à une culture locale (terroir, béret, bourrées, binious) est un frein à une vision plus large du monde.
- Provocation et posture intellectuelle : La formulation très radicale, notamment l'usage du mot « odieux », peut être vue comme une provocation visant à secouer les esprits et à affirmer une posture d'intellectuel engagé contre toute forme de repli identitaire.
- Critique de l'identité nationale : Elle peut être lue comme une critique acerbe de la manière dont la France se représente elle-même à travers des symboles jugés archaïques ou limitatifs, dénonçant un risque de nationalisme passéiste.
Application dans la vie quotidienne
Pour vous, internautes, cette citation peut éclairer différentes attitudes ou choix de vie :
- Voyages et ouverture : Elle encourage à l'ouverture aux cultures étrangères, à la tolérance et au rejet des stéréotypes nationaux, favorisant les échanges interculturels.
- Débat public : Elle sert de référence dans les débats opposant le globalisme et le cosmopolitisme (ouverts sur le monde) aux tenants du localisme et du patriotisme (attachés à l'identité nationale).
- Consommation et culture : Elle peut influencer vos choix, privilégiant par exemple les produits culturels ou les modes de vie internationaux plutôt que les traditions strictement locales.
Critiques ou limites
- Idéalisme excessif : La principale critique est que le rejet du terroir et des traditions nationales ignore le besoin d'enracinement et de communauté qui existe chez de nombreux individus.
- Élitisme : La posture est parfois perçue comme élitiste, voire arrogante, émanant d'un intellectuel privilégié qui pourrait ignorer l'importance du patrimoine culturel et des traditions pour les classes moins favorisées.
- Vision caricaturale : En associant le « terroir » à ce qui est « odieux », l'auteur utilise une généralisation qui peut être jugée excessive et simplificatrice, ne reconnaissant pas la richesse des cultures régionales.
Morale ou résumé à retenir
Le message essentiel de cette citation est l'appel à une citoyenneté mondiale et le rejet vigoureux de l'identité nationale réduite à des symboles folkloriques. En résumé, il faut retenir : la préférence donnée à l'universel et à l'ouverture plutôt qu'aux traditions nationales perçues comme un repli sur soi.
Analyse du vocabulaire et du style
- Style péremptoire : L'utilisation de « Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites » donne un ton d'évidence, comme si l'affirmation était une vérité indiscutable pour l'auteur et son groupe.
- Accumulation et gradation : L'accumulation des termes symboliques du « franchouillard » (terroir, béret, bourrées, binious) renforce la dénonciation. La gradation se termine par « odieux », un adjectif très fort qui marque un dégoût moral.
- Champ lexical : Le champ lexical est fortement polarisé : d'un côté, le positif (cosmopolites, résolument) ; de l'autre, le négatif (terroir, béret, franchouillard, cocardier, étranger, odieux).
Lien avec d’autres pensées
Cette pensée se relie à plusieurs courants philosophiques :
- L'ère des Lumières : Elle fait écho à l'idéal de la citoyenneté universelle défendu par certains philosophes des Lumières (comme Diogène le Cynique, qui se proclamait déjà « cosmopolite »), privilégiant la raison et l'humanité entière sur les allégeances locales.
- Philosophie post-nationale : Elle s'inscrit dans la continuité des pensées du XXe et XXIe siècle qui critiquent les dangers du nationalisme et promeuvent des cadres politiques et identitaires au-delà de l'État-nation (comme l'Europe).
- Oppositions contemporaines : Elle est souvent citée pour illustrer le clivage idéologique entre les élites mondialisées et les défenseurs de l'identité nationale ou du souverainisme.
Origine de la citation
Cette déclaration a été publiée par Bernard-Henri Lévy en 1985.
Auteur de la citation
L'auteur est Bernard-Henri Lévy, un écrivain, philosophe et intellectuel médiatique français, né en 1948. Figure emblématique de la pensée contemporaine, il est souvent au centre des débats publics pour ses prises de position radicales et ses interventions internationales.
Contexte historique ou culturel
La citation est parue en 1985 dans un éditorial de la revue Globe, que Bernard-Henri Lévy avait co-fondée. Ce contexte est marqué par :
- La montée du Front National : La citation s'inscrit en réaction à une montée des thèses identitaires et nationalistes en France, notamment avec l'émergence électorale du Front National au milieu des années 1980.
- Le triomphe du libéralisme et de la mondialisation : Les années 80 voient l'accélération de la mondialisation et l'essor des idées libérales. L'affirmation du cosmopolitisme par BHL résonne avec une élite intellectuelle et économique qui se pense de plus en plus au-delà des frontières nationales.
- L'engagement de la gauche intellectuelle : Issu du mouvement des Nouveaux Philosophes, BHL se positionne en défenseur des droits de l'homme et du libéralisme politique contre les idéologies totalitaires et le repli identitaire.