"Vous voulez protéger des animaux en ne leur permettant plus de naître ?"Absolument. Il n'y a aucun fondement moral à faire naître un individu dans le but de s'en servir et de lui faire subir une vie atroce.
C'est tout de même extraordinaire que la conscience de l'Europe, qui a aboli il y a soixante-dix ans le trafic d'esclaves pour des motifs humanitaires, tolère aujourd'hui l'état du Congo. C'est un peu comme si la pendule de l'ordre moral avait été retardée de plusieurs heures.
Le monde moral n'a pas d'objection particulière au vice, mais une répugnance insurmontable à entendre le vice appelé par son nom propre.
Les abolitionnistes mettent la morale au premier plan de leurs préoccupations. Ce sont des déontologistes : pour eux, une action ne doit pas être décidée qu'en fonction du fondement moral qui lui est propre. Or tuer un animal pour le manger est une mauvaise action, car elle est moralement répréhensible.
Je suppose que la religion est une sorte de code moral.
Les croyants doivent savoir que les non-croyants ont eux aussi accès à une transcendance et à un sens moral.
La vertu n'est pas l'absence de vice ni la fuite devant le danger moral.
Le sens que nous pouvons essayer de donner à notre existence ne peut absolument pas émaner d'une réussite matérielle personnelle, aussi éphémère que vaine. En revanche, contribuer au progrès moral de l'humanité, même modestement, est le moyen de justifier notre bref passage sur la planète.
Chez Ellroy il y a à la fois une violence extrême et fascinante. Mais en même temps, Ellroy arrive tout le temps à avoir une espèce de recul, qui fait qu'il y a un jugement moral sur la violence.
Je crois que notre société industrielle souffre d'un malaise fondamental, qui est d'ordre moral et politique et se résume à ceci que l'individu n'a de pouvoir que dans le rôle irresponsable du consommateur.
A qui d'entre nous n'est-il pas arrivé au cours de son existence d'éprouver tout à coup, au passage d'une femme dans une rue, ou un salon, sur une route, une sorte d'aura, de frisson physique et moral...
La conviction de l'exigence d'autonomie de l'économie, qui ne doit pas tolérer "d'influences" de caractère moral, a conduit l'homme à abuser de l'instrument économique y compris de façon destructive.
La nature ayant à créer un être qui convînt à l'homme, par ses proportions, et à l'enfant, par son moral, résolut le problème en faisant de la femme un grand enfant.