Je n'aime pas les épinards. Heureusement ! car si je les aimais, j'en mangerais ; or je les déteste.
Les gens aiment bien sentir la mort. Ils aiment voir crever un torero. S'ils savent qu'il ne va pas crever, ils ne vont pas à la corrida.
Il n'y a pas de bonheur comme celui d'être aimé par ses semblables et de sentir que sa présence est un plus pour son confort.
Vivons donc heureusement, sans haïr ceux qui nous haïssent.
Rien n'est plus important que l'empathie pour un autre être humain qui est en train de souffrir. Rien. Pas une carrière, et non pas la richesse, l'intelligence, certainement pas de statut. Nous devons nous sentir l'un pour l'autre si on va survivre avec dignité.
On a tort de craindre la supériorité de l'esprit et de l'âme ; elle est très morale cette supériorité, car tout comprendre rend très indulgent, et sentir profondément inspire une grande bonté.
Même si on est outragé, on ne peut haïr ses enfants.
Le bien, c'est l'amour ; aimer les autres, c'est détester la souffrance.
Revoir les lieux autrefois visités, les amis autrefois fréquentés, les livres lus jadis, est une des passions du déclin. Or, c'est précisément se comparer à soi-même; c'est éprouver si l'on a toujours autant de facultés de sentir et si l'on a les mêmes.
On finit toujours par mépriser ceux qui sont trop facilement de notre avis.