La lecture est à l'esprit ce que l'exercice est au corps.
Plus que sur les champs de bataille, la guerre se livre comme jamais autour de symboles.
J'ai dû lire Wuthering Heights pour l'anglais et je n'ai jamais aimé un livre dans ma vie autant que celui-là.
Le texte de l'autre doit être lu, interrogé sans merci mais donc respecté, et d'abord dans le corps de sa lettre. Il y a dans le respect de la lettre l'origine d'une sacralisation.
En argot, lire se dit ligoter. En langage figuré un gros livre est un pavé. Relâchez ces liens-là, le pavé devient un nuage.
Lire, c'est d'abord donner - ou plutôt restituer - au texte sa dimension musicale.
Le livre de poche est très intéressant mais je trouve qu'il ne remplacera jamais le livre à couverture rigide - c'est un très mauvais butoir.
Une livre de laine est aussi lourde qu'une livre de plomb.
Quand je veux lire un livre, j'en écris un.
Il faut relire la Bible sans la distance théologique. Et si l'on se livre à cet exercice, on découvre des histoires insensées.