Les vraies passions ont quelque chose d'inaccompli. Sinon le temps les tue.
L'objectif de l'art n'est pas le déclenchement d'une sécrétion momentanée d'adrénaline, mais la construction, sur la durée d'une vie, d'un état d'émerveillement et de sérénité.
Ce qu'il y a de plus pénible dans l'écriture : la sécheresse, l'intervalle entre deux livres, comme un hiatus dans sa propre durée intérieure. On se croirait en suspens.
Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez vous auprès d'une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C'est ça la relativité.
Notre durée est irréversible. Nous ne saurions en revivre une parcelle, car il faudrait commencer par effacer le souvenir de tout ce qui a suivi.
Le fatigant supplice de dire non pendant une heure à un monsieur qui voudrait vous faire dire oui.
A celle qu'on voit apparaîtreUne seconde à sa fenêtreEt qui, preste, s'évanouit,Mais dont la svelte silhouetteEst si gracieuse et fluetteQu'on en demeure épanoui.
Je dis que la rencontre est une fin. Je dis que l'intersection d'une vie et d'une autre, à la seconde même qui la réalise, est le point de la plus haute intelligence, de la plus grande connivence.
Il est préférable d'être reine une heure que duchesse toute sa vie.
L'amour est réel si chaque seconde qui le crée le remet en cause.