Citation de Jacques Sternberg sur Temps, Homme et Bien

Le temps n'est pas seulement le seul véritable ennemi de l'homme, c'est également et surtout son ennemi le plus sournois, le plus lâche. Et, bien sûr, le seul que l'on n'ait pas la moindre chance de vaincre.

Jacques Sternberg
Animateur, Artiste, Chroniqueur, écrivain, Journaliste, Romancier, Scénariste (1923 - 2006)

Explications

Sens de la citation

Cette citation de Jacques Sternberg exprime une vision sombre et fataliste du temps. Elle affirme que le temps est la plus grande menace pour l'être humain, la décrivant comme un adversaire à la fois « véritable », « sournois », et « lâche ». Le temps est perçu non seulement comme une force qui mène inéluctablement à la finitude et à la mort, mais aussi comme un ennemi qui agit de manière insidieuse, sans affrontement direct. L'idée essentielle est l'impossibilité absolue de le vaincre, soulignant notre impuissance face à son inexorable écoulement.

Interprétations possibles

  • Le temps comme destruction : Le temps est l'agent qui détruit tout, y compris la jeunesse, la beauté, les Å“uvres et, finalement, la vie elle-même. Son caractère « sournois » et « lâche » vient du fait qu'il agit lentement, sans que l'on puisse le saisir ou l'arrêter.
  • Le temps comme pression existentielle : Il peut aussi être interprété comme la pression constante de l'urgence, des occasions manquées, ou de la conscience de ne pas avoir assez de temps pour réaliser ses désirs ou ses projets. C'est l'ennemi qui nous rappelle sans cesse notre mortalité.
  • Le temps subjectif : Le temps est d'autant plus lâche qu'il passe vite lorsque nous sommes heureux et lentement lorsque nous souffrons, jouant avec nos perceptions et nos espoirs.

Application dans la vie quotidienne

La citation invite à une prise de conscience de notre rapport au temps. Puisque l'on ne peut le vaincre, l'application concrète peut être de :

  • Vivre pleinement l'instant présent : Si le temps est l'ennemi final, il faut s'efforcer de maximiser la qualité du temps qui nous est accordé, en valorisant chaque moment.
  • Lutter contre la procrastination : Reconnaître l'hostilité du temps peut motiver à ne pas remettre à plus tard ce qui peut être fait maintenant, de peur que le temps « lâche » ne dérobe l'opportunité.
  • Accepter l'impermanence : La citation encourage à l'acceptation philosophique que tout est éphémère et que la lutte contre le temps est vaine, incitant à la sérénité face à ce que l'on ne peut changer.

Critiques ou limites

Cette vision, bien que puissante, peut être jugée trop pessimiste ou fataliste. Voici quelques limites :

  • Le temps comme allié : Le temps peut être perçu non comme un ennemi, mais comme un allié nécessaire au changement, à la guérison, à l'évolution et à la maturation.
  • La victoire par l'Å“uvre : Certains philosophes et artistes voient une forme de « victoire » sur le temps dans l'immortalité conférée par l'Å“uvre, la mémoire ou la transmission culturelle.
  • Le libre arbitre : L'homme a le pouvoir de gérer son temps, même s'il ne peut l'arrêter, ce qui lui donne une forme de contrôle et donc, une lutte possible contre l'aspect « sournois ».

Morale ou résumé à retenir

La morale de cette pensée est la suivante : Vous ne pouvez pas arrêter le temps, qui est votre adversaire ultime, mais vous devez en prendre conscience pour mieux vivre le temps qui vous est donné. L'impuissance face à l'inéluctable doit servir de moteur pour accorder de la valeur à l'éphémère et à l'instant présent.

Analyse du vocabulaire et du style

Le style de Sternberg est percutant et dramatique, basé sur une structure cumulative et des superlatifs. L'auteur utilise une accumulation d'adjectifs négatifs (« véritable », « sournois », « lâche ») pour renforcer la malveillance du temps. La citation est construite autour de l'idée du temps comme personnification d'un ennemi moralement méprisable, créant un contraste ironique : le temps, une entité neutre, est doté de vices humains (lâcheté, sournoiserie). La conclusion par l'impossibilité de la victoire (« le seul que l'on n'ait pas la moindre chance de vaincre ») ferme le propos de manière définitive et implacable.

Lien avec d’autres pensées

Cette idée du temps comme ennemi se retrouve dans de nombreuses traditions et pensées :

  1. Le Carpe Diem : (Horace) L'appel à « cueillir le jour » est la réponse positive et hédoniste à la menace du temps destructeur.
  2. Le Mémento Mori : L'idée que l'on doit se souvenir de sa propre mortalité pour donner de la valeur à la vie.
  3. L'existentialisme : Cette philosophie explore souvent le sentiment d'angoisse lié à la finitude de l'existence et à l'écoulement irréversible du temps.

Origine de la citation

Il est probable que cette citation soit extraite de l'un des essais ou chroniques de Jacques Sternberg, un auteur connu pour ses réflexions désabusées sur l'existence, le quotidien et la science-fiction. Elle est typique de son ton ironique et pessimiste. Sa source exacte n'est cependant pas toujours précisément référencée dans les recueils de citations, mais elle est largement attribuée à cet auteur.

Auteur de la citation

L'auteur est Jacques Sternberg (1923-2006). Écrivain belge naturalisé français, il est une figure importante de la littérature fantastique et de la science-fiction d'expression française. Son œuvre est profondément marquée par l'absurdité, l'humour noir, la mélancolie et une vision critique de la société moderne. Il a également été l'auteur de chroniques et d'essais reflétant un pessimisme souvent teinté d'ironie, un ton que l'on retrouve parfaitement dans cette pensée sur le temps.

Contexte historique ou culturel

Jacques Sternberg a écrit principalement durant la seconde moitié du XXe siècle, une période marquée par la montée de l'existentialisme (Sartre, Camus), qui met en lumière l'absurdité et la contingence de l'existence humaine. Cette époque est également celle de la société de consommation et de l'accélération du rythme de vie, où le temps devient une denrée rare et stressante. La citation s'inscrit dans ce contexte d'une angoisse moderne face au temps qui passe trop vite et qui nous échappe, le transformant en une force hostile plutôt qu'en un simple concept physique.

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