Le temps n'est pas seulement le seul véritable ennemi de l'homme, c'est également et surtout son ennemi le plus sournois, le plus lâche. Et, bien sûr, le seul que l'on n'ait pas la moindre chance de vaincre.
Cette citation de Jacques Sternberg exprime une vision sombre et fataliste du temps. Elle affirme que le temps est la plus grande menace pour l'être humain, la décrivant comme un adversaire à la fois « véritable », « sournois », et « lâche ». Le temps est perçu non seulement comme une force qui mène inéluctablement à la finitude et à la mort, mais aussi comme un ennemi qui agit de manière insidieuse, sans affrontement direct. L'idée essentielle est l'impossibilité absolue de le vaincre, soulignant notre impuissance face à son inexorable écoulement.
La citation invite à une prise de conscience de notre rapport au temps. Puisque l'on ne peut le vaincre, l'application concrète peut être de :
Cette vision, bien que puissante, peut être jugée trop pessimiste ou fataliste. Voici quelques limites :
La morale de cette pensée est la suivante : Vous ne pouvez pas arrêter le temps, qui est votre adversaire ultime, mais vous devez en prendre conscience pour mieux vivre le temps qui vous est donné. L'impuissance face à l'inéluctable doit servir de moteur pour accorder de la valeur à l'éphémère et à l'instant présent.
Le style de Sternberg est percutant et dramatique, basé sur une structure cumulative et des superlatifs. L'auteur utilise une accumulation d'adjectifs négatifs (« véritable », « sournois », « lâche ») pour renforcer la malveillance du temps. La citation est construite autour de l'idée du temps comme personnification d'un ennemi moralement méprisable, créant un contraste ironique : le temps, une entité neutre, est doté de vices humains (lâcheté, sournoiserie). La conclusion par l'impossibilité de la victoire (« le seul que l'on n'ait pas la moindre chance de vaincre ») ferme le propos de manière définitive et implacable.
Cette idée du temps comme ennemi se retrouve dans de nombreuses traditions et pensées :
Il est probable que cette citation soit extraite de l'un des essais ou chroniques de Jacques Sternberg, un auteur connu pour ses réflexions désabusées sur l'existence, le quotidien et la science-fiction. Elle est typique de son ton ironique et pessimiste. Sa source exacte n'est cependant pas toujours précisément référencée dans les recueils de citations, mais elle est largement attribuée à cet auteur.
L'auteur est Jacques Sternberg (1923-2006). Écrivain belge naturalisé français, il est une figure importante de la littérature fantastique et de la science-fiction d'expression française. Son œuvre est profondément marquée par l'absurdité, l'humour noir, la mélancolie et une vision critique de la société moderne. Il a également été l'auteur de chroniques et d'essais reflétant un pessimisme souvent teinté d'ironie, un ton que l'on retrouve parfaitement dans cette pensée sur le temps.
Jacques Sternberg a écrit principalement durant la seconde moitié du XXe siècle, une période marquée par la montée de l'existentialisme (Sartre, Camus), qui met en lumière l'absurdité et la contingence de l'existence humaine. Cette époque est également celle de la société de consommation et de l'accélération du rythme de vie, où le temps devient une denrée rare et stressante. La citation s'inscrit dans ce contexte d'une angoisse moderne face au temps qui passe trop vite et qui nous échappe, le transformant en une force hostile plutôt qu'en un simple concept physique.