On peut tromper mille fois mille personnes, non, on peut tromper une fois mille personnes, mais on ne peut pas tromper mille fois mille personnes. Non, on peut tromper une fois mille personne mais on peut pas tromper mille fois une personne. Non...
La réplique, telle que prononcée par Émile dans le film La Cité de la Peur, est en réalité une tentative hésitante et comique de citer un adage ou une maxime. Littéralement, elle ne parvient pas à former une phrase cohérente ou une pensée bien articulée. Elle s'autocorrige de manière répétée, mélangeant les chiffres ("mille fois", "une fois") et les sujets ("mille personnes", "une personne"), ce qui aboutit à une série de propositions confuses et contradictoires qui n'ont pas de sens logique.
Le sens profond de cette réplique réside non pas dans son contenu, mais dans sa forme. Elle symbolise l'incapacité à communiquer clairement, l'échec de la mémoire ou l'absurdité du langage lorsqu'il est mal maîtrisé. Elle est une parodie des grandes maximes philosophiques ou politiques souvent citées pour donner du poids à un argument. Symboliquement, elle exprime la confusion mentale ou la superficialité de celui qui essaie de paraître intelligent en citant des phrases célèbres sans les connaître.
Cette réplique est devenue un mème verbal et une référence culte en France. Dans la vie quotidienne, elle est utilisée principalement pour :
La "morale" de cette réplique est paradoxalement de ne pas chercher de morale ! L'idée principale à retenir est que l'honnêteté et la simplicité du propos sont préférables à l'usage maladroit de grandes phrases. L'effort pour paraître intelligent ou érudit peut se retourner contre vous et mener au ridicule. Elle enseigne par l'absurde que tenter de citer une maxime à tout prix, sans la maîtriser, ne sert qu'à démontrer son ignorance. C'est le triomphe de l'humour sur la grandiloquence.
La réplique a été écrite par Les Nuls (Alain Chabat, Chantal Lauby et Bruno Carette, puis Dominique Farrugia) et est apparue dans le film La Cité de la Peur, sorti en 1994. Elle est une invention purement comique et n'est pas, en soi, la citation exacte d'une source antérieure, mais une déformation humoristique de la maxime attribuée à Abraham Lincoln, comme mentionné précédemment.
La réplique est prononcée par le personnage d'Émile Gravier (joué par Alain Chabat), l'attaché de presse du festival de Cannes, lors d'une conversation avec Odile Deray (Chantal Lauby), l'attachée de presse du film. Émile est un personnage souvent dépassé par les événements, légèrement ridicule et qui cherche à tout prix à se donner une contenance. Il tente de prononcer cette maxime pour commenter l'idée de la manipulation ou du succès du faux film "Red is Dead" au festival. Il s'embrouille complètement, ce qui renforce le côté burlesque et décalé de la scène.
Cette réplique est totalement raccord avec le personnage d'Émile Gravier. Émile est caractérisé par une prétention malhabile et une compétence limitée. Il veut toujours avoir l'air important, sérieux et cultivé, mais sa nervosité et son incompétence le font systématiquement déraper. Sa tentative ratée de citation est un condensé parfait de son caractère : il essaie de placer une référence sophistiquée pour impressionner, mais il échoue lamentablement, ce qui le rend à la fois pathétique et très drôle.
Le thème central de La Cité de la Peur est l'absurdité et la parodie, notamment celle du monde du cinéma et des médias. La réplique d'Émile s'inscrit parfaitement dans ce thème :
L'impact de cette réplique est immense sur la culture populaire française. Émotionnellement, elle provoque un rire immédiat chez ceux qui connaissent le film, car elle rappelle non seulement le passage précis, mais aussi l'univers des Nuls. Culturellement, elle est l'une des répliques cultes les plus citées du cinéma français. Elle est un marqueur générationnel et un indicateur de la popularité durable du film La Cité de la Peur, cimentant son statut de comédie de référence basée sur l'absurdité du langage.
Les attentats contre la personne sont une autre sorte de délits que les attentats contre les biens. Les premiers doivent être incontestablement punis de peines corporelles : ni les grands ni les riches ne doivent pouvoir expier à prix d'argent [...] â–º Lire la suite