C'est l'histoire d'un homme qui tombe d'un immeuble de 50 étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer : « Jusqu'ici tout va bien... Jusqu'ici tout va bien... Jusqu'ici tout va bien. » Mais l'important, c'est pas la chute. C'est l'atterrissage.
La réplique raconte l'histoire d'un homme qui, alors qu'il est en train de chuter d'un immeuble très haut, essaie de se calmer en répétant : « Jusqu'ici tout va bien... ». Cela décrit un état de déni ou d'optimisme forcé face à une situation de danger imminent. La narration se conclut par la phrase : « Mais l'important, c'est pas la chute. C'est l'atterrissage. » qui rappelle que l'issue fatale est ce qui compte vraiment.
Symboliquement, la chute représente une descente inéluctable, une dégradation de la situation, ou un problème qui s'aggrave sans que la personne n'en prenne la pleine mesure. La répétition de la phrase d'auto-assurance symbolise le déni, l'aveuglement volontaire ou la tentative de se rassurer face à une catastrophe certaine. L'« atterrissage » est la métaphore de la confrontation finale avec la réalité, du moment où les conséquences ne peuvent plus être ignorées.
L'expression « Jusqu'ici tout va bien » est passée dans le langage courant pour décrire une situation tendue ou précaire où, malgré l'imminence d'une catastrophe ou d'un problème, les choses n'ont pas encore dégénéré. On l'utilise souvent avec une pointe d'ironie ou de fatalisme pour commenter un moment de calme avant la tempête ou pour souligner la courte durée d'une accalmie.
L'idée principale à retenir est qu'il est futile de se contenter de l'absence de problèmes immédiats lorsque l'on sait qu'une issue fatale est inévitable ou que la situation globale se détériore. Il faut se préoccuper des conséquences finales (l'atterrissage) et non de la simple progression actuelle (la chute). C'est un appel à la lucidité et à la prise de conscience face au danger.
La réplique n'a pas été inventée pour le film. Son origine est souvent attribuée à un gag ou une anecdote circulant dans l'univers du spectacle ou de l'humour noir. Le réalisateur Mathieu Kassovitz l'a reprise et popularisée dans le contexte de son film, lui donnant une résonance et une profondeur nouvelles.
Cette réplique est prononcée par Hubert, lors d'un moment de tension et d'incertitude à Paris. Après avoir récupéré le pistolet d'un policier, les trois amis (Vinz, Saïd et Hubert) se retrouvent de plus en plus embourbés dans une spirale de violence et de confrontation. Hubert utilise cette anecdote pour mettre en garde ses amis, et peut-être lui-même, contre leur attitude irresponsable face au danger qui grandit.
Hubert est le personnage le plus réfléchi et le plus mesuré du trio. Il est boxeur, prône la non-violence et rêve de quitter la cité. Cette réplique reflète sa lucidité et son désespoir face à la situation. Il est celui qui voit clairement l'« atterrissage » dramatique qui attend ses amis s'ils continuent sur cette voie. L'histoire qu'il raconte est un moyen pour lui d'exprimer son angoisse face à la destruction imminente.
Le thème central du film La Haine est la violence, la misère sociale et le cycle infernal de la confrontation entre les jeunes des cités et la police. La réplique encapsule parfaitement l'idée que la tension monte de manière continue (la chute) et que le véritable drame ne surviendra qu'à la fin (l'atterrissage). Elle est une puissante allégorie de l'état des banlieues : une bombe à retardement où, tant que personne n'est encore mort, on peut se dire que « jusqu'ici tout va bien ».
Cette phrase est l'une des plus cultes du cinéma français. Elle est devenue un puissant symbole de l'attente anxieuse d'une catastrophe. Son impact vient de son universalité et de sa capacité à transformer une histoire simple en une métaphore politique et sociale poignante. Elle a marqué la culture populaire comme une expression du fatalisme et de l'urgence de changer le cours des choses.