Prévenir toujours les désirs n'est pas l'art de les contenter, mais de les éteindre.
Plus le niveau de la technique est élevé, plus les avantages que peuvent apporter des progrès nouveaux diminuent par rapport aux inconvénients.
En art tout ce qui se justifie est vulgaire.
Expérience sans mesure, inexpiable, la poésie ne comble pas mais au contraire approfondit toujours le manque et le tourment qui la suscitent.
L'éloquence est la poésie de la prose.
Lorsqu'on devient célèbre, il faut se choisir un ou deux amis et se contenter d'imaginer le reste.
L'Ecole polytechnique est aux mathématiques ce qu'est un dictionnaire de rimes à la poésie baudelairienne.
Le mal est un art à ne pas mettre entre toutes les mains. Trop d'amateurs encombrent la carrière...
La poésie ne peut se permettre l'humour.
La pitié est au coeur ce que la poésie est à l'imagination.
L'art d'exagérer est, à mon sens, un art de surmonter, de surmonter l'existence.
La morale n'est pas plus le coeur du message de l'Evangile que la technique n'est l'âme de la peinture.
En quelques mots, je définis la Poésie des mots comme Création rythmique de la Beauté. Son seul juge est le Goût.
La poésie dit l'Ineffable : on le lit, on le relie.
Le cinéma est pour moi un art tridimensionnel. Avec ma caméra, j'ai le sentiment de sculpter l'espace.
La poésie de Verlaine est simple, humaine et chantante, ce qui explique son succès.
Tout art authentique est conçu à un moment sacré et nourri à une heure bénie ; une impulsion intérieure le crée, souvent à l'insu de l'artiste.
Le lecteur de la poésie n'analyse pas, il fait le serment de l'auteur, son proche, de demeurer dans l'intense.
La poésie est le pivot de celui qui se cherche dans ses contradictions, dans le déséquilibre de ses forces, la voix d'un appel insensé, présence en dépit des fantasmes.
La beauté de la poésie est que la création transcende le poète.
Il y a en Art une catégorie de joies supérieures, si profondes et si hautes que l'on est à jamais l'obligé de celle ou de celui qui vous les ont données.
Le naturel n'est pas suffisant à celui qui en poésie veut faire oeuvre digne de l'immortalité.
Prétendre contenter ses désirs par la possession, c'est compter que l'on étouffera le feu avec de la paille.
La poésie rend la vie ce que les lumières et la musique font de la scène.
On voit ainsi se manifester à la fois la "rage de lire" des femmes et la réprobation de leurs contemporains masculins. L'adolescente qui s'adonne à la lecture de romans - mais la poésie peut être tout aussi pernicieuse - renie son innocence première et se fabrique un paradis artificiel.
Celui qui excelle dans son art pour le porter au plus haut degré de perfection dont il est capable, on peut dire qu'il le dépasse en quelque sorte : ses productions transcendantes n'admettent aucune appellation.
L'opposition de la poésie et des grands événements de notre temps, c'est peut-être le combat de la graine et du tonnerre.
La poésie comme l'amour risque tout sur des signes.
La patience est un art qui s'apprend patiemment.
Le roman prend corps pour ensuite se vêtir. Prenant âme; la poésie demeure nue.
C'est le mérite de la poésie qui a mille petites portes de planches pour une porte de pierre, mille sorties au jour le jour pour une gloire triomphale.