La bêtise ne franchit jamais les frontières ; là où elle met le pied, se trouve son territoire.
Savoir qu'on ne descend jamais deux fois dans le même fleuve c'est savoir qu'on va mourir un jour.
Le poète est passé : le ruisseau qui hésite, devient fleuve royal ; il n'a plus de repos ni de limites : il ressemble au cheval.
Quand on marche lentement, on marche plus longtemps et on va donc plus loin.
La gloire ressemble au marché ; parfois, quand vous y restez quelque temps, les prix baissent.
Pour échapper à la souffrance, le plus souvent on se réfugie dans l'avenir. Sur la piste du temps, on imagine une ligne au-delà de laquelle la souffrance présente cessera d'exister.
La vie d'un personnage doit être une ligne ininterrompue d'événements et d'émotions, mais une pièce de théâtre ne nous donne que quelques instants sur cette ligne - nous devons créer le reste pour dépeindre une vie convaincante.
Le rôle des dirigeants ne se limite pas à la satisfaction de nos besoins présents, il nous fait découvrir des soifs profondes, des insatisfactions refoulées.
Une longueur de fleuve s'ouvrait devant nous et se refermait derrière, comme si la forêt avait tranquillement traversé l'eau pour nous barrer le passage au retour. Nous pénétrions de plus en plus profondément au coeur des ténèbres.
Quand on se fait vieux, on se réveille chaque matin avec l'impression que le chauffage ne marche pas.
Quand on a marché deux heures dans une montagne, on est plus intelligent.
Désobéir, c'est franchir une ligne symbolique, assumer l'angoisse de la mort.
Qui porte des chaussures ignore la souffrance de qui marche pieds nus.
La ligne droite n'est jamais si bien illustrée que par des courbes. Le bien ne ressort que sur le fond du mal et de la désobéissance.
Le piston ne marche qu'avec les huiles.
La bêtise des hommes est de critiquer l'originalité des autres.
Qu'une réalité se cache derrière les apparences, cela est, somme toute, possible ; que le langage puisse la rendre, il serait ridicule de l'espérer.
Il est fort dangereux qu'une femme trouve son mari ridicule et qu'elle fasse cette découverte en collaboration avec un autre homme.
Le désert, pareillement, offre l'infini à celui qui marche mais sans lui permettre jamais d'entrer dans ce qu'à chaque pas il lui promet.
Si nous tenons à un pied de terre, pourquoi les hommes se donneraient-ils de la peine pour nous ?
La bêtise n'interdit pas l'entreprise, au contraire ; elle en masque les obstacles et fait apparaître facile ce qui, à toute tête un peu raisonnante, semblerait désespéré.
Il faut être jeune. Être vieux, c'est ridicule et le ridicule, c'est mal.
Vous connaissez le chemin le plus court entre deux points ? La ligne droite. Et le plus long ? Le taxi !
Je m'ouvre à chaque fois que je marche sur un écran et que je vous donne tout ce que je suis. Il y a des parties de moi dans chaque film que j'ai fait. Pour moi, c'est ce que mon travail est.
O malheur insensé, sans regret, sans angoisse ! De telles flammes, déchirantes et fêlées, me voici brûlant du désir de brûler. Entre la mort et la douleur physique - et le plaisir, plus profond que la mort et la douleur - je me traîne dans une nuit chagrine, à la limite du sommeil.
Une faïencerie installée là par des capitalistes anglais désireux de profiter de l'incroyable bon marché de la main-d'oeuvre me révolta : dégradation d'un peuple contraint à chauffer les fours par cette terrible température à une heure que, de père en fils, ils consacraient à la sieste !
L'état de mari a cela de fâcheux que le mari qui a le plus d'esprit peut être de trop partout, même chez lui, ennuyeux sans ouvrir la bouche, et ridicule en disant la chose la plus simple.
Je ne me sens pas limité par la langue : je me sens plus libre.
La poésie c'est justement la sensation de vivre, le carpe diem, le "pays de la première fois" contre le temps qui nous rattrape, nous marche dessus, nous pulvérise.
Une table élégante est le dernier rayon de soleil que caresse le vieillard.
Le cercle n'est qu'une ligne droite revenue à son point de départ.