Quand on parvient, par la poésie, par la langue, à transgresser la durée pour faire lien avec le temps, l'existence est enrichie.
Plus que poli pour être honnête - Plus que poète pour être honni.
Le lecteur de la poésie n'analyse pas, il fait le serment de l'auteur, son proche, de demeurer dans l'intense.
La poésie est une langue à part que les poètes peuvent parler sans crainte d'être entendus, puisque les peuples ont coutume de prendre pour cette langue une certaine manière d'employer la leur.
Ce n'est pas ce qu'on fait sortir de soi dans la poésie des autres qui est important, mais le fait d'avoir enfin une oreille pour l'entendre.
Le mot donne à la pensée son existence la plus haute et la plus noble.
La prospérité est le lien de l'amour.
Le roman prend corps pour ensuite se vêtir. Prenant âme; la poésie demeure nue.
L'éclat de la poésie se révèle hors des moments qu'elle atteint dans un désordre de mort.
Quelqu'un habitait là pourtant. Une petite fumée bleuâtre, montant de la cheminée de brique qui dépassait un peu le mur, trahissait une existence cachée, discrète et triste, comme la fumée de ce feu de pauvre.
La poésie est comme la source. Pour y boire, il faut s'agenouiller et se pencher.
Jamais je n'ai cessé, même aux jours de succès près de l'institutrice, de ressentir au fond de moi cette seconde rupture du lien ombilical, cet exil intérieur qui ne rapprochait plus l'écolier de sa mère que pour les arracher, chaque [...] â–º Lire la suite
S'il fallait se fier à ses poèmes pour savoir ce qu'un poète pense, on se ferait de drôles d'illusions.
La poésie c'est la raison en vacances, une possibilité de survivre dans ce monde voué au matérialisme.
La poésie rend la vie ce que les lumières et la musique font de la scène.
Dieu est le poète et les hommes ne sont que les acteurs ; ces grandes pièces qui se jouent sur la terre ont été composées dans le ciel.
Le poète n'a pas d'âge. Il naît.
La poésie est le plus court chemin d'une sensibilité à une autre.
Tant de conducteurs de peuples ont été, sont et seront des fanatiques, des frénétiques. La révolution chinoise s'est déroulée sous l'égide d'un homme doué d'une intuition et d'une puissance d'assimilation peu communes, méditant sans arrêt, lecteur infatigable, écrivain clair, poète sensible, élégant calligraphe, animé dans ses propos par le sens de l'équilibre et de l'humain.
Notre existence quotidienne est un mauvais feuilleton par lequel nous nous laissons envoûter.
La poésie - par des voies inégales et feutrées - nous mène vers la pointe du jour au pays de la première fois.
N'est-il pas dans la nature de la poésie d'être et de rester souterraine ?
La poésie a ce privilège qu'on peut en boire jusqu'à l'ivresse, et ce que cette ivresse guérit de toutes les autres.
La vocation de la poésie n'est pas de nous éblouir par une idée surprenante, mais de faire qu'un instant de l'être devienne inoubliable et digne d'une insoutenable nostalgie.
La haute tragédie est l'école des grands hommes ; elle doit être celle des rois et des peuples ; c'est le point le plus élevé auquel un poète puisse parvenir.
La plupart des anthologues de poésie ou de citations sont comme ceux qui mangent des cerises ou des huîtres, cueillant d'abord le meilleur et finissant par tout manger.
Il existe un lien secret entre les femmes : elles se soutiennent comme les prêtres d'une même religion, elles se haïssent mais elles se protègent.
A la question toujours posée "Pourquoi écrivez-vous ?", la réponse du Poète sera toujours la plus brève "Pour mieux vivre".
Le but de la société n'est-il pas de procurer à chacun le bien-être ?
Le souvenir est poésie, et la poésie n'est autre que souvenir.
La poésie est le pivot de celui qui se cherche dans ses contradictions, dans le déséquilibre de ses forces, la voix d'un appel insensé, présence en dépit des fantasmes.