Je hasarde une explication : écrire, c'est le dernier recours quand on a trahi.
Il inclut dans sa théorie les forces morales et les "frictions" qui sont en quelque sorte une conceptualisation de tout ce qui échappe à des régularités déterministes.
Quand j'essayais de jouer quelque chose et que je me trompais, j'entendais une autre note qui entrait en jeu. Puis j'ai commencé à essayer différentes choses pour y trouver la beauté.
Ecrire sur le mépris de la mort lorsqu'on est en santé, c'est écrire sur le mépris des riches lorsqu'on est dans l'opulence.
L'adjectif "vrai", comme le chiffre zéro, est une expression indispensable du vide.
Je suppose que les événements ne sont qu'une sorte de commentaire de nos sentiments - on peut déduire ceux-ci de ceux-là.
Comment écrire à la fois à partir de ce qui "est" et à partir de ce qui "advient" ?
Il faut bien avouer que concilier théorie et pratique quotidienne constitue un fameux défi pour ceux qui veulent changer le monde.
Les lois claires en théorie sont souvent un chaos à l'application.
Qui sait écrire ? C'est se battre avec l'encre pour se faire entendre.
Je n'ai jamais discerné ce que l'inceste a de proprement repoussant, et sans rechercher pour quelles raisons l'inceste, toléré ou prescrit dans certaines sociétés, est tenu pour un crime dans la nôtre, je note simplement qu'il est naturel et fréquent [...] â–º Lire la suite
Chaque fois qu'on voit sur mon carnet un chiffre en haut d'une page, on en déduit que ce fut l'heure où j'accomplissais un crime !
L'art de bien écrire consiste à apprendre toutes les lois pour ensuite les éviter sans exception.
La psychanalyse s'adresse à une théorie du sujet, alors que le biologiste ne peut qu'établir une théorie des conditions d'existence du sujet, de son évolution etc...
Il faut écrire pour soi, c'est ainsi que l'on peut arriver aux autres.
J'aime me croire entière et logique ; je déteste me souvenir de ces eaux troubles, de ces remous qui ont empêché un moment ma vie de couler tout droit. Je sais qu'il me reste un recours : celui de l'anguille [...] â–º Lire la suite
Pourquoi y a-t-il de l'être et non pas rien ? Pourquoi cet être a-t-il des tendances ? Questions absurdes, mais surtout questions déplacées dans un monde où la causalité n'est que mirage : le monde est muet.
Un monde sans fausse note : c'est une utopie qui chante.
Prends garde à cette phrase que tu vas écrire : des yeux de l'autre monde peut-être la liront. Il ne faut pas qu'elle y laisse un nuage trouble.
Vous me demandez si je tiens un journal où je note mes grandes idées ? Je n'en ai jamais eu qu'une seule...
Entre moi et le monde, une vitre. Écrire est une façon de la traverser sans la briser.
Tout ce qui oublie la mise en scène et la maîtrise de l'illusion pour verser dans la simple hypothèse et maîtrise du réel tombe dans l'obscène. Le mode d'apparition de l'illusion est celui de la scène, le mode d'apparition du réel est celui de l'obscène.
La notoriété c'est lorsqu'on remarque votre présence, la célébrité c'est lorsqu'on note votre absence.
Contrairement à ce que l'on imagine, l'idée de la modernité n'est pas liée au tricotage de la prose. Fond et forme sont inséparables, écrire plat, c'est écrire faux.
Le bonheur ne s'obtient que par l'harmonie de son être avec la note qui l'exprime.
N'importe qui pouvait écrire un roman en six semaines, avec du papier stylo et sans téléphone ni femme.
J'ai tendance à partager souvent le point de vue de la théorie du complot.
Nous suivons, nous nous suivons. Cette théorie d'animots que je suis ou qui me suivent partout et dont la mémoire me serait inépuisable, je ne vous en imposerai pas une exhibition. Loin de l'arche de Noé, la chose tournerait au cirque, quand un montreur d'animaux y fait défiler ses sujets tristes, le dos bas.
L'écriture s'accommode mal de la jeunesse. Ecrire très jeune, c'est être soumis à une tension qu'on ne sait pas manier.
Je pourrais, par hasard, écrire quelque chose d'aussi bâclé; Mais alors je ne le montrerais pas à tout le monde.