La morale commence là où aucune punition n'est possible, là où aucune répression n'est efficace, là où aucune condamnation, en tout cas extérieure, n'est nécessaire.
Le châtiment déprime la moralité car il donne au crime une compensation finie.
Ce n'est pas ce qui est criminel qui coûte le plus à dire, c'est ce qui est ridicule et honteux.
On peut diviser les preuves d'un crime en preuves parfaites et imparfaites. J'appelle parfaites celles qui excluent la possibilité que tel individu ne soit pas coupable, et imparfaites celles qui ne l'excluent pas.
Être aimé est différent d'être admiré, car l'on peut être admiré de loin, alors que pour aimer réellement quelqu'un, il est essentiel de se trouver dans la même chambre, et si possible sous le même drap.
Le bonheur des méchants est un crime des dieux.
Le minimum pourrait être défini comme la perfection qu'atteint un objet lorsqu'il n'est plus possible de l'améliorer par soustraction.
Ah ! Gardons le plus longtemps possible la pitié, c'est le plus bel assaisonnement de la vie pour nous autres milliardaires.
Le réel dépasse toujours ce que nous pouvons imaginer. Si débridées que nous jugions nos inventions, elles ne parviennent jamais au niveau des incessantes et imprévisibles vomissures du monde réel.
La pauvreté met le crime au rabais.
La loi morale est collective comme les ordonnances policières ou civiles. Et comme pour toutes les lois collectives, l'interpréter c'est déjà l'enfreindre.
Le retour à la bestialité est possible dans une société comme la nôtre. En raison de la désorganisation des mentalités, des crises d'hystéries généralisées, tout cela aggravé par les crises économiques.
Que la morale fasse partie d'une éducation publique commune à toutes les classes de citoyens. Que l'on écarte avec soin de cette éducation toute influence sacerdotale.
Tout bonheur en ce monde vient de l'ouverture aux autres ; toute souffrance vient de l'enfermement en soi-même.
Faire claquer son fouet ne rassemble pas les chevaux peureux.
Seule une crise, réelle ou perçue, produit un réel changement.
Sans confiance, est-ce que la vie est possible ?
L'activité est indispensable au bonheur ; il faut que l'homme agisse, fasse quelque chose si cela lui est possible ou apprenne au moins quelque chose.
Ce que je cherche n'est pas le réel et non l'irréel, mais plutôt l'inconscient, le mystère de l'instinct dans la race humaine.
Tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n'abandonne jamais.
Déicide : s'indigner contre, bien que le crime ne soit pas fréquent.
Il n'y a qu'une morale : vaincre tous les obstacles qui nous empêchent de nous surpasser.
Les fausses opinions ressemblent à la fausse monnaie qui est frappée d'abord par de grands coupables et dépensée ensuite par d'honnêtes gens qui perpétuent le crime sans savoir ce qu'ils font.
La morale commence où nous sommes libres : elle est cette liberté même, quand elle se juge et se commande.
La race est un facteur constant dans la vie américaine. Pourtant, réagir à chaque incident, réel ou imaginaire, est paralysant, fatiguant et finalement contre-productif.
C'est une souffrance de regarder le passé, de se dire inévitablement j'aurais pu faire plus, mieux, différemment...
A partir de la nature de ce livre il sera possible d'inférer la nature de l'homicide. Car dans chaque crime commis pour la possession d'un objet, la nature de l'objet devrait nous fournir une idée, aussi pâle fût-elle, de la nature de l'assassin.
Je suppose que vivre sans amour, sans en faire l'expérience ou sans pouvoir en donner est une punition assez forte.
Quand la morale fout le camp, le fric cavale derrière.
Rien ne nourrit mieux l'inspiration que l'amour. La souffrance peut la stimuler, rarement l'épanouir.
Chaque fois qu'on voit sur mon carnet un chiffre en haut d'une page, on en déduit que ce fut l'heure où j'accomplissais un crime !