Le désert est une nonne, aucun homme ne le courtise, il a fait voeu de silence à travers les âges, serein, immuable, au-delà de toute poursuite, et de tout abandon. Le désert ne connaît pas les larmes.
La solitude est une sorte de tare : elle a un subtil parfum de tristesse, quelque chose qui n'attire, ni n'intéresse personne, et on en a un peu honte.
Quand j'entrevois, comme aujourd'hui, le "simple" fond des choses (ce qu'à la condition d'une chance infinie, l'agonie révélera sans réserve), je sais que je devrais me taire : je recule, en parlant, le moment de l'irrémédiable.
La solitude est une tempête de silence qui arrache toutes nos branches mortes.
L'égoïsme aspire à la solitude pour échapper à la dépendance.
La solitude est propice aux révélations de l'esprit.
La solitude est bonne pour les calmes, pour les forts.
Si la solitude sépare, elle tranche bien des liens qu'on ne coupe qu'à regret, mais elle permet de plonger des racines dans ce qui est essentiel.
La calme sagesse est une épouse fidèle, la précipitation est une prostituée.
Un mot de toi me fera taire pour toujours.