Nos vies forment une courbe, un arc-en-ciel qui se referme et dont les extrémités vont se rejoindre derrière un horizon, ou sous la terre.
Avancer, c'est reconnaître le temps. Et reconnaître le temps, c'est accepter la mort.
On reconnaît toujours les pionniers : ce sont eux qui gisent face contre terre, loin devant vous avec une flèche plantée dans le dos.
Il suffit de mettre un pied devant l'autre et de continuer. Mettez des oeillères et labourez droit devant.
Dès qu'il envisage l'érotisme, l'esprit humain se trouve devant sa difficulté fondamentale. L'érotisme, en un sens, est risible... L'allusion érotique a toujours le pouvoir d'éveiller l'ironie.
A force de vouloir rechercher les origines, on devient écrevisse. L'historien voit en arrière ; il finit par croire en arrière.
Le faible d'esprit et l'homme de génie ne doivent pas être égaux devant la loi.
Il y a des gens si insignifiants qu'on ne les voit pas devant leur ombre.
Certains auraient tendance à prendre la raie de leurs fesses comme méridien d'origine.
Quand on se souvient d'un beau vers, d'un beau mot, d'une belle phrase, c'est toujours dans l'air qu'on les lit ; on les voit devant soi, les yeux semblent les lire dans l'espace. On ne les imagine point sur la feuille où ils sont collés.