Il faut s'inquiéter de ne point s'inquiéter.
L'espace est ce qui fait que tout n'est pas à la même place. Le langage est ce qui fait que tout ne signifie pas la même chose.
Le langage des yeux. Quel doux dialogue, quelle merveilleuse cascade d'idées, dites dans le silence.
Le langage est aux postes de commande de l'imagination.
Evidemment, nous devons prendre le monde tel qu'il est, car s'il n'est pas en notre pouvoir de le changer à notre gré, nous pouvons y vivre en le regardant sous un angle différent, en changeant d'attitude envers lui.
Notre langage ne vaut rien pour décrire le monde des odeurs.
On n'est pas des porteurs de messages. On est simplement des clowns, des saltimbanques (...). L'humour est un langage que j'ai toujours aimé. Notre ressort est de dénoncer la bêtise en faisant rire.
Le poète est en face du langage comme le peintre est en face de l'objet. Le langage devient sa matière première.
La liane parvient au sommet d'un grand arbre en s'appuyant sur lui.
De la poésie, je dirai maintenant qu'elle est, je crois, le sacrifice où les mots sont victimes. Les mots, nous les utilisons, nous faisons d'eux les instruments d'actes utiles. Nous n'aurions rien d'humain si le langage en nous devait être en entier servile.