Toute histoire est contemporaine.
L'école enseigne la prose, non la poésie.
Le récit n'est plus l'écriture d'une aventure, mais l'aventure d'une écriture.
Avoir trop de passé fait rêver à ne plus en avoir du tout. Mais quand on écrit et qu'on de la mémoire, la magie du roman consiste justement à vaincre cette difficulté : faire partager aux autres un souvenir somme toute très limité.
Voilà où en est arrivée la bourgeoisie française, cinq ans après la défaite de Hitler ! Et c'est en cela précisément que réside son châtiment historique : d'être condamnée, y revenant comme par vice, à remâcher le vomi de Hitler.
Le roman ce n'est jamais qu'une maquette d'après laquelle il nous est proposé d'imaginer la même chose grandeur nature.
Une biographie est considérée comme complète si elle ne compte que six ou sept moi, alors qu'une personne peut en avoir jusqu'à mille.
Nous sommes dans la préhistoire de l'esprit humain.Cela signifie pour chaque individu doit sortir de sa propre barbarie intérieure.
Le roman est le fruit d'une illusion humaine. L'illusion de pouvoir comprendre autrui.
Quand on lit le récit d'une vie "exemplaire" comme celle de Balzac, on arrive toujours au récit de la mort. A quoi bon ?