L'innocence n'a pas l'habitude de rougir.
On voit ainsi se manifester à la fois la "rage de lire" des femmes et la réprobation de leurs contemporains masculins. L'adolescente qui s'adonne à la lecture de romans - mais la poésie peut être tout aussi pernicieuse - renie son innocence première et se fabrique un paradis artificiel.
Toute innocence triche.
A force de frayer,Avec toutes nos paroles,A force de voisiner,Avec nos sombres passions,A force de s'effriter,Sur les corps de passage,L'amour a-t-il perdu,Innocence et plaisir ?
Les mots sont sacrés et sans innocence. Ils appellent le destin de ceux ou celles qui les tracent.
On ne croit jamais à l'innocence de ceux qui fourrent leur nez partout et ne savent jamais tenir leur langue.