Jusqu'à l'âge de quinze ans, je connaissais mieux la carte de l'Afrique que mon propre corps.
Il est payant parfois de savoir prendre son temps. Les tronches défaites du bâfreur hâtif et de l'éjaculateur précoce sont éloquentes à cet égard.
Je pense que les hommes de ma génération - pas moi en particulier - sont parmi les hommes les plus chanceux de l'univers.
Un petit enfant d'un pays en développement a l'avantage, dès son plus jeune âge, d'avoir accès à des jouets qui structurent son esprit, ce qui constitue un avantage certain par rapport au petit enfant africain qui n'a même jamais tenu un jouet moderne.
Il en est de la vieillesse comme d'un reste de vin oublié au fond de la bouteille : l'un et l'autre tourne facilement à l'aigre.
J'étais un jeune homme fou qui se laissait aveugler par ses passions et n'obéissait qu'aux impulsions du moment.
La vieillesse ne m'empêche pas de penser à l'avenir.
Un enfant ne peut jamais se défaire des principes qu'on lui a inculqués, même de force, avant sa quinzième année.
Ce qu'un vieux voit couché, un jeune ne le voit pas. Même debout.
Je me rappelle un jour où nous allions vite en voiture. Je renversai une jeune et jolie cycliste, dont le cou fut presque arraché par les roues. Nous l'avons longtemps regardée morte. L'horreur et le désespoir qui se dégageaient de [...] ► Lire la suite