Les souvenirs sont plus fidèles que les amis et les amants : ils reviennent nous voir lorsque notre âme grelotte toute seule.
C'est avec ma mémoire que j'existe. Comme si l'avenir était déjà dedans. Elle m'aide à me jeter en avant. La vie je la gagnerai toujours d'une courte tête. Je pourrai jamais me reposer. Jamais m'arrêter. Alors, je la berce. Elle est ma glaise. Ma sculpture inachevée.
On a deux vies au moins. Une qui s'installe dans notre mémoire comme une pierre au fond de l'eau, et l'autre qui disparaît au fur et à mesure qu'elle se déroule comme si c'était vaporeux.
Je crois que pour en faire une oeuvre littéraire, il faut tout simplement rêver sa vie - un rêve où la mémoire et l'imagination se confondent.
La grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf n'a éclaté que dans la courte mémoire du fabuliste.
Mes photographies ne sont pas planifiées ou comptées à l'avance, et je ne prévois pas que le spectateur va partager mon point de vue. Cependant, je pense que si ma photo laisse une image dans son esprit, quelque chose a été accompli.
Deviner avant de prouver ! Ai-je besoin de vous rappeler que c'est ainsi que toutes les découvertes importantes aient été faites ?
La mémoire est l'une des facultés les plus bizarres de notre intelligence. On ne peut vraiment pas s'y fier.
J'exerce un métier d'image. Une image peut se faner. Il faut l'accepter.
Les premières années de notre enfance sont si éloignées qu'on ne les additionne pas toujours aux nouvelles. On a l'âge de son coeur.