Là où tu étais, un vide a pris ta place, autour duquel j'erre le jour, et dans lequel je sombre la nuit.
- Vous voulez dire avoir le cafard ? - Non ça c'est quand on grossit ou qu'il pleut des journées entières. Là on est triste c'est tout. Non... broyer du noir c'est affreux. On a peur mais on ne sait pas pourquoi on a peur...
- Il faut que j'aille voir... - Voir quoi ? Il n'y a rien à voir Jacques, c'est noir et froid rien d'autre ! Y'a personne. Et moi je suis là, je suis vivante, et j'existe !
Hélas ! Qu'il est triste d'annoncer le premier des malheurs !
Le meilleur moment, le meilleur voyage, c'est le sommeil, dans le noir sous une couverture et à l'abri du noir.
Le calme qui évoque la paix dans la nature, fait toujours présager, dans l'entourage des humains, quelque sinistre catastrophe, comme si leur état normal était l'agitation, le bruit et la fureur.
Le noir est l'uniforme de la démocratie.
Chantez compagnons, Dans la nuit la liberté Nous écoute...
Je ne suis pas raciste, la preuve : je n'hésite pas à écrire noir sur blanc mes pensées.
La nuit je vois parfois la silhouette d'un homme qui, sur une route vide et dans un paysage désert, marche derrière un corbillard. Je suis cet homme. C'est toi que le corbillard emporte. Je ne veux pas assister à ta crémation ; je ne veux pas recevoir un bocal avec tes cendres.